ENQUÊTES SUR LES PERMIS ACCORDÉS


Adresses étudiées par la Sauvegarde durant le second semestre 2016. En rouge, les atteintes au patrimoine ; en vert, les travaux respectueux. Les permis des autres semestres sont consultables  en cliquant sur les différents liens suivants : premier semestre 2016, deuxième semestre 2015, premier semestre 2015 .

 

 

20, rue Saint-Paul / 16-28, rue Charles V (4e arrdt)

Un hôtel de tourisme, situé en plein coeur du PSMV du Marais, devait être très lourdement restructuré. Les travaux prévoyaient de densifier cette maison du 17e s. : surélévation de deux niveaux des parties en R + 1 sur cour, extension du sous-sol, redistribution intérieure avec démolition partielle de murs porteurs et de planchers pour création d’un escalier et d’un ascenseur, création de baies sur le mur pignon côté rue Charles V, modification de la devanture avec pose d’un store à rez-de-chaussée et ravalement des façades sur rue et cour. La Commission du Vieux Paris a saisi le dossier et formulé un voeu en février 2016, s'opposant "fermement" à ce projet bien trop lourd au vu de la qualité patrimoniale de la maison. Le permis a été accordé en septembre, tenant a priori compte de cet avis. La façade rue Charles V sera laissée vierge de toute intervention ; aucune ouverture supplémentaire ne sera créée – seul le chien assis est maintenu en forme du chien assis existant. Les stores ils ne seront pas mis en œuvre au niveau des tableaux de fenêtres, et seul l'affouillement situé sous la courette sera effectué (angle N-E) en R-1 et R-2. Concernant la surélévation de la courette ( R+3 au-dessus du R+1), les deux façades actuelles sur cour seront préservées au plus près de l’existant (mur principal parallèle à la rue Charles V et mur secondaire parallèle à la rue Saint-Paul), à l'exception de deux ouvertures nécessaires à la distribution des locaux. Enfin, une cheminée supplémentaire sera construite au niveau de l’héberge côté rue Charles V.

 

 

 

  

 

76-76B, rue Vieille du Temple (4e arrdt)

En face des Archives nationales, les locaux de bureaux seront transformés en commerce avec restructuration complète et lourde de l'ensemble, dont la suppression de planchers intermédiaires pour la création de volumes en double hauteur, le recreusement du parking souterrain, etc. Les nombreux travaux projetés pour cet immeuble nous interpellent beaucoup, surtout pour ce qui est du traitement de la façade sur rue : les boutiques avaient jusqu'alors conservé l'aspect d'anciens locaux artisanaux avec leurs vitreries d'ateliers bien particulières. Le permis accordé n'en conservera aucun souvenir.

 

 


© M.-T. Lesrel / Paris historique


 

10, rue Henri Barbusse / 115, boulevard Saint-Michel (5e arrdt)

L'affaire a fait grand bruit dans les journaux ces derniers mois. Une maison, initialement construite v. 1824, puis surélevée et modifiée en 1865, va être démolie au profit d'un ensemble contemporain. L'immeuble, occupé depuis l'origine par des artistes, a été acquis par le Maroc en 1957 ; il a accueilli l'association des Etudiants musulmans d'Afrique du nord, puis des logements en location. Malheureusement, le bâtiment et son décor intérieur mauresque ont bien souffert depuis quelques années, et une partie de la toiture s'est même effondrée. Un nouveau bâtiment va le remplacer, fait de cubes de verre translucide en décrochements, avec effet de damier lumineux. Un tiers de l'espace sera ouvert au public, avec un café au rez-de-chaussée, une galerie, une bibliothèque et un auditorium gérés par le nouveau Centre culturel du Maroc à Paris (CCMP). Sur la rue Henri-Barbusse, le bâtiment jouxtera une maison de caractère au n°8, dont le sort n'a visiblement pas plus inquiété l'architecte que l'intégration de son projet côté boulevard. François Loyer avait qualifié le nouvel immeuble de rubik’s cube, nous en verrons le résultat en grandeur réelle en 2018.

© Dossier PASU

 

Le bâtiment de la rue Henri Barbusse

© M.-T. Lesrel / Paris historique


 

 

 

 
 

© M.-T. Lesrel / Paris historique


 


© Dossier PASU


 

2, rue du Dragon, 165, boulevard Saint-Germain (6e arrdt)

Un immeuble d'angle va prochainement être restructuré dans le quartier de Saint-Germain des Prés. Le bâtiment date des années 1675, il a été acquis par l'abbaye voisine afin de louer les boutiques du rez-de-chaussée et les logements. Il s'agit du dernier témoin encore complet du 17e s. dans le tronçon du boulevard Saint-Germain. Ce R+4 offre trois travées sur le boulevard, et quatre sur la rue du Dragon. Les fenêtres ont toutes été modifiées à l'exception de deux sur la rue du Dragon, avec ajout de garde-corps (ceux du 3ème étage datent du 18e s.). En 1994, des travaux ont créé des vitrines avec de larges arcades en vue de l'installation d'un magasin de vêtements. Cette campagne a été menée en totale contradiction avec la typologie existante. Le projet prévoit l'installation d'une boutique au rez-de-chaussée, au premier étage et au deuxième. Il s’appuie sur des recherches historiques assez importantes pour redonner aux façades leur aspect originel. Les solives présentent de nombreuses dégradations et déformations ; elles seront sauvegardées, dans la mesure du possible, avec les traitements adaptés. Sur l'extérieur, les menuiseries reprendront les sections et profils anciens, à quatre vantaux, quatre carreaux et à double vitrage. Des garde-corps neufs seront ajoutés dans l'esprit de ceux du 18e s. encore en place. Le magasin aura des vitrines en bois moulurées. Paris historique salue l'effort poursuivi pour respecter autant que possible le bâti existant et les abords.

 

 

 

 


© O. Manicastri / Paris historique

 

© Dossier PASU




 

55B, rue de Bellechasse (7e arrdt)

Le terrain est situé dans le PSMV du 7e arrondissement. En limite nord et sud, deux volumes en héberge sont implantés en R+4 et R+5, accentuant l’effet de dent creuse de l'immeuble qui nous intéresse, une maison individuelle constituée d’un rez-de-chaussée et d’un étage en retrait sur la rue.

Le projet prévoit la dépose d’une partie du volume du 1er étage existant (l’ensemble du rez-de-chaussée est conservé), puis la construction de 3 niveaux, ainsi que d’un volume en attique donnant accès à une terrasse d’agrément en toiture. Toutefois la présence de fenêtres sur le mur d’héberge du 55 demande un espace de respiration dimensionné par un rectangle de 4m sur 6m à partir des baies du R+2, ouvrant de grands chassis toute hauteur en verre opacifié.

Côté rue, la surélévation sera traitée en enduit plâtre et chaux de ton pierre ; les percements et baies seront implantés de façon régulière. Le volume en attique prévu est en aluminium de teinte gris anthracite se prolongeant à l’arrière et intégrant un escalier côté « cœur de parcelle ». Bien que l'architecte affirme que son projet respecte les immeubles avoisinants, l'absence totale de modénatures lui confère un aspect massif ; l'ensemble actuel R+1 avec l’hôtel particulier en vis-à-vis donnaient une aération à cette rue étroite.Dans le cadre d'une « économie circulaire », la réutilisation d'éléments décoratifs de l'ancien bâtiment est envisagée (portes intérieures et les portes palières assemblées pour parer le hall d'entrée, tomettes posées au sol de ce hall, miroir et fontaine dans les parties communes). Souci du détail quand l'essentiel est négligé! On ne peut pas dire que la spécificité, par ailleurs notée au PLU, soit respectée par le projet, qui va s'insérer dans une série d'immeubles anciens. Seuls les bandeaux d'étage et le commerce en rez-de-chaussée se conforment au schéma architectural environnant de la rue de Ménilmontant. Cet immeuble va jurer dans un ensemble ancien jusque là homogène.

 
 

 

© Dossier PASU


 

 

  46 au 50, avenue de Breteuil, 3 au 7, villa de Ségur (7e arrdt)

Le site, construit en 1896, a été occupé par l'usine Aboilard, affectée à la fabrication de câbles téléphoniques à la fin du 19e siècle. Le bâtiment principal a été construit par l'architecte Georges Debrie, lequel l'a surélevé en 1908 (cette année-là, le site a subi un grave incendie). La façade actuelle sur l'avenue de Breteuil date de 1927-1930, on a dissimulé la brique apparente derrière un placage de pilastres blancs dont l'aspect Art Déco est très marqué. Entre les années 70 et 2011, le site est occupé par Michelin. COVEA le rachète en 2013 et programme logements et bureaux, mettant définitivement fin à la vocation industrielle des lieux. L'affaire a fait grand bruit depuis lors, les riverains tentant de faire entendre leurs voix. Mais le permis a été délivré en avril 2016. Le long de l'avenue de Breteuil, les trois bâtiments seront réhabilités, deux R+7 et un R+3 ; ce dernier recevra deux étages supplémentaires, on créera un atrium, une extension en L permettra de relier deux des trois bâtiments et on procédera à la végétalisation des toitures-terrasses. A l'ouest, la propriété est au cœur d'un îlot résidentiel, bordée par la villa Ségur, et comporte deux bâtiments R+1, des locaux techniques et des ateliers. Tous seront détruits. A la place, trois bâtiments de R+5, R+6, R+7 seront construits formant deux barres de 23m et 28m sur la villa. La partie du dossier qui a retenu l'attention de Paris historique est la construction du nouveau bâtiment de bureaux sur l'avenue de Breteuil. Il empiétera d'abord sur le jardin, par ailleurs EVP. Le constructeur assure que la perte d'une partie de ce jardin sera compensée par la création d'autres espaces verts... en terrasse et en patio, soi-disant en pleine terre, en réalité sur 1 mètre de terre. D'autre part, si COVEA assure avoir retravaillé la façade de ce nouvel immeuble, force est de constater que son intégration dans le bâti environnant ne fait pas l'unanimité, et il se fera d'autant moins discret dans le paysage qu'il masquera une partie du bâtiment de Debrie...

 


  

© Dossier PASU

 
 

 
 

© O. Manicastri / Paris historique

 
 

55-57 bis, avenue de Saxe (7e arrdt)

L'ancien central téléphonique Ségur, construit progressivement sur trois parcelles entre la fin du 19e s. et les années 70, a été racheté par la Compagnie de Phalsbourg pour être transformé en hébergement hôtelier (contrat de management et de gestion conclu avec Hilton). La programmation, assez lourde, avait incité la Commission du Vieux Paris à formuler en octobre 2015 un vœu en faveur d'une restructuration plus respectueuse du patrimoine existant. Le permis a été accordé en septembre dernier et, à l'heure où nous imprimons ce bulletin, nous ne savons pas si le vœu de la CVP a été respecté. Le premier bâtiment a avoir été construit se situe au n°55. Il est l'œuvre de J.-M. Boussard (1899-1900), architecte de la direction générale des postes et des télégraphes, à qui l'on doit aussi, entre autres, l'ensemble du 7-9 place des Ternes (17e arrdt). Originellement R+3, les combles sont détruits dans les années 20 et remplacés par trois niveaux supplémentaires, subissant de nouvelles modifications quarante ans plus tard. L'immeuble est traité dans un style éclectique, cachant sa structure métallique derrière une façade au décor abondant. Le n°57 est édifié sur les plans de Charles Giraud sur 4 étages. L'immeuble est surélevé d'un niveau en 1928. Une nouvelle extension est imaginée par Pierre Dufau en 1977 au n°57 bis ; sa façade, résolument moderne, reprend la brique employée dans les bâtiments mitoyens, mais propose cinq travées de verre étroites et sobres sur trois étages, le premier formant bow-window. Le projet de restructuration prévoit de nombreuses modifications afin de conformer l'ensemble aux normes d'un hôtel 4 étoiles de 118 chambres. Aux 55 et 57, baies et trumeaux seront conservés, les menuiseries de fenêtres remplacées. La porte principale sera élargie dans l'espace de la baie en plein-cintre, et les garde-corps seront remplacés. De nouveaux étages prendront place dans le volume existant, et les sols des trois différents immeubles seront nivelés. La Commission du Vieux Paris s'inquiète du traitement de la façade du bâtiment de Dufau, dont les fenêtres actuelles ne correspondraient plus au niveau des nouveaux planchers, et qu'il faudrait donc entièrement reconstruire.

 

 

 


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141, boulevard Haussmann (8e arrdt)

Il s'agit d'un hôtel particulier construit en 1864 par la famille Cendré, à toiture presque plate et cinq travées sur rue, situé entre deux bâtiments plus hauts. Il est vendu en 1917 à une société d'import-export et devient un immeuble de bureau dès cette date ; l'aile en retour est surélevée d’un étage 1918 et on adjoint également à cette époque une verrière à la cour intérieure. En 1950, le bâtiment sur le boulevard est surélevé d'un étage pour passer à R+3. En 2001, l'ensemble est rénové et on y ajoute deux niveaux de sous-sol avec parking, on crée un deuxième accès sur la rue et la verrière bénéficie d'une réfection. Les travaux accordés aujourd'hui consistent principalement en la suppression du parc de stationnement (6 places) et du monte-véhicules, pour retrouver l’entrée d’origine ; on crée un local pour 20 vélos accessible par ascenseur (!). Les garde-corps des R+1, R+2 et R+3 restent inchangés. On note également la destruction des façades arrière pour extension (épaississement du corps principal) et modification. La surélévation est présentée dans le dossier en ces termes : « dans l’esprit d’un R+3 + double comble. Les 4e et 5e font toiture. Ces niveaux reprennent le vocabulaire des toitures parisiennes de l’époque haussmannienne avec un brisis et une terrasse revisités. [...] Les éléments de toitures sont traités en paroi vitrée dont les montants reprennent la trame des toitures zinc à joints ». Cette rehausse ressemble autant au style haussmannien que celle qui a été réalisée au 20 rue La Boétie...

 

 

 

 

 

 

  

3, rue Martel (10e arrdt)

La rue, ouverte à la fin du 18e s., était autrefois occupée par des ateliers de verrerie, de porcelaine, de vernis sur métaux. En fond de cour du n°3, la Galerie Oudin, anciennement installée à Beaubourg, expose aujourd'hui des photos. La maison voisine (n°5), est dans la liste des protections patrimoniales du 10e arrondissement : « Maison à loyer vers 1830. Façade ornée de refends composée de cinq travées et de quatre étages carrés sur rez-de-chaussée. Baies surmontées de frontons plats et triangulaires aux trois premiers étages. Fenêtres à balustres au premier étage. Porte ouvrant sur un vestibule orné de bas-relief débouchant sur une cour pavée présentant une aile en retour contemporaine du bâtiment sur rue. » Le n°3 est un bâtiment R+4+combles de trois travées sur rue, qui a conservé ses volets et sa modénature (notamment des frontons triangulaires pour le 2e étage). Il va connaître quelques travaux. L'ensemble sera ravalé, et la consultation du dossier nous a permis de constater que l'opération sera menée avec respect pour l'existant : décapage mécanique, nettoyage basse pression, réparation plâtre et chaux, finition enduit lissé couleur "pierre blonde". Les fenêtres seront remplacées par des fenêtres bois similaires, il en sera de même pour les persiennes, remplacées elles aussi à l'identique. La modification de toiture consiste à réaménager la toiture existante pour la rendre symétrique et y créer une surface habitable. La surélévation n’est donc que peu perceptible et bien intégrée. Les éléments architecturaux sont traités avec les mêmes matériaux que les existants. Il n’y a pas de modification de l'élévation sur rue.

 

 

 

© Dossier PASU

 

 

28B, rue Popincourt (11e arrdt)

Les travaux ne concernent qu’un seul des deux immeubles R+1, qui sera détruit et remplacé par un R+6. L’intégration de ce R+6 dans l’ilot reste acceptable compte tenu du voisinage proche. Toutefois, le nouvel immeuble se distingue par des ouvertures plus larges, qui auraient pu reprendre le rythme de son mitoyen. Le permis demande de traiter le pignon (découpe et revêtement) de telle sorte que son impact visuel soit moins important... le temps que le R+1 restant subisse le même sort, car c'est ce qui ne manquera pas d'arriver.

 

 



 

 

© Dossier PASU


 

 

174-174 bis, boulevard Voltaire / 1, impasse Bon-Secours (11e arrdt)

L'adresse jouxte l'ancien couvent des bénédictines du Bon Secours (17e-18e ss.), dont certaines parties sont inscrites au titre des monuments historiques, et qui a abrité au début du 19e s. la filature Richard-Lenoir. Un petit bâtiment R+2 forme l'angle avec le boulevard au n°174, il a été construit en 1900. Les travaux vont affecter le 174 bis, mitoyen, un R+4 des années 70 dont l'arrière dessert l'un des bâtiments de l'ancien couvent par une petite cour triangulaire. L'immeuble a déjà été surélevé, et avait prévu des renforts pour une nouvelle surélévation, ce qui va être maintenant réalisé. Côté boulevard, l'étage supplémentaire sera construit au droit de la façade, an zinc ton naturel. Bien que l'immeuble "support" ne soit d'aucun intérêt patrimonial, son traitement (organisation des baies, couleur de la façade) le rendait assez discret par rapport à ses mitoyens du boulevard. On regrettera les matériaux et couleurs utilisés pour cette nouvelle surélévation, particulièrement côté impasse, en co-visibilité directe avec les bâtiments de l'ancien couvent.

 

 

 

 

© O. Manicastri / Paris historique


 



 

 

 

88, avenue Denfert-Rochereau (14e arrdt)

En 1819, la femme de Chateaubriand fonde l'Infirmerie Marie-Thérèse sur cette parcelle de l'avenue Denfert-Rochereau. Cinq ans plus tard, un pavillon, construit entre 1769 et 1775, menace d'être acheté par une société qui a pour projet d'y installer un café, des montagnes russes et d'y donner des fêtes nocturnes. L'hospice de Mme de Chateaubriand, accueillant des prêtres âgés et des femmes infirmes qui ont besoin de calme et de repos, est condamné à cesser son activité si ce voisinage venait à s'installer. Chateaubriand décide alors de racheter lui-même la maison. Il l'habite en 1827-1828, moment de son départ pour Rome comme ambassadeur. Il revient y vivre entre 1830 et 1838. A cette date, il cède le bâtiment à l'archevêché de Paris, qui le vend en 1857 à la congrégation des Soeurs aveugles de Saint-Paul. Le terrain sert à l'oeuvre de jeunes filles aveugles. On construit alors plusieurs bâtiments qui encadrent la maison de Chateaubriand, et on modifie celle-ci (aile gauche, toiture notamment). Les travaux accordés récemment sont très préoccupants pour la préservation et surtout la mise en valeur de ce lieu de mémoire. Dès 2010, la Commission du Vieux Paris avait alerté sur la nécessité de protéger le bâtiment au titre du PLU. Pour le moment, elle n'a pas été exaucée. En 2012, elle formule un nouveau voeu afin d'alerter le pétitionnaire sur la densité de constructions prévues tout autour du pavillon, ainsi que sur leur hauteur, qui en altéreront fortement la perception. La lecture du dossier nous conforte dans cette même idée. Remaniée plusieurs fois, la dernière version - accordée - fait apparaître de nouveaux bâtiments R+6 à à peine trois mètres du pavillon côté sud, et à peine 10 (après démolition d'une chapelle 19e s. sans grand intérêt patrimonial) sur l'arrière... En guise de jardin, le pavillon aura droit à une sorte de bassin planté.




© Dossier PASU
 

 


 

© Dossier PASU



 
 

53, rue de Gergovie (14e arrdt)

Sur cette parcelle sont édifiés trois bâtiments dans les années 1880. Côté rue, un immeuble R+4 sur un niveau de sous-sol en occupe toute la largeur sur six travées. En fond de terrain, deux bâtiments ouvrent sur une petite cour arborée : un R+1, et un autre plus petit de type appentis. Un hébergement hôtelier souhaite s'agrandir et inclure la surface d'un local artisanal en rez-de-chaussée. Le bâtiment sur rue sera surélevé d'un étage, en combles mansardés. Un escalier intérieur sera créé pour la sécurité, et l'ascenseur sera remplacé par un autre plus spacieux. Deux chambres accessibles aux personnes handicapées seront ménagée dans l'espace de l'ancien local artisanal, et une salle sera créée au sous-sol. Côté cour, le R+1 bénéficiera d'un nouvel escalier extérieur après démolition du petit bâtiment. L’aspect des bâtiments reste inchangé, la vitrine de l'ancienne surface commerciale sur rue sera remplacée par un mur maçonné traité à l’identique du bâtiment avec enduit extérieur lissé ; deux fenêtres seront ouvertes, en aluminium laqué blanc, protégées par des grilles métalliques ouvragées laquées noir. L'ensemble des escaliers extérieurs situés dans la courette, garde-corps, balcon du R+1 sur cour seront en métal, et resteront de teinte galvanisée naturelle. Un exemple de surélévation dans le respect de l’existant et des immeubles bordant la rue.





 

 

© O. Manicastri / Paris historique

 

© Dossier PASU



 
 

26, avenue de l'Observatoire (14e arrdt)

L'avenue a été ouverte en 1807 à partir du bâtiment de l'Observatoire dans l’axe du méridien de Paris. Le n°26 comporte, sur rue, un pavillon 19e s. en pierre de taille d'un étage plus combles bien conservé, mais dont les fenêtres et les garde-corps ne sont pas d'origine. Le fond de cour est occupé par un R+5 moderne et deux cours. Outre la réhabilitation et le rhabillage du bâtiment en fond de parcelle, le projet prévoit surtout de démolir le pavillon sur rue, au profit d'un immeuble de six étages surmonté d'un attique en retrait qui accueillera une résidence étudiante du CROUS (47 studios). Quatre larges travées composent la façade et ouvrent les baies comme autant de cases sur l'avenue. Des stores à lames aux tonalités proches de l'ardoise et du zinc mettent en valeur les horizontales et les verticales de béton à la tonalité pierre. On peut regretter la dent creuse que constituait le pavillon 19e s., le nouveau bâtiment s'accordant assez mal avec la typologie résidentielle des immeubles adjacents.

 

 

 

 

© La façade, état actuel et état projeté / Dossier PASU



 

26, rue Marcadet (18e arrdt)

Le projet de surélévation de cette petite maison R+2+combles est satisfaisant. Les combles existants du 3e étage seront transformés en un étage complet et un nouveau volume sera créé en surélévation de l’immeuble. La toiture existante à 2 pentes sera remplacée par une nouvelle toiture mansardée en zinc. Les travaux respecteront l'environnement et la typologie de la rue, conformément à la philosophie de l'architecte : "Favoriser une « intervention architecturale douce », en harmonie avec l’environnement".

 

 

 

 

© Dossier PASU



 

88, boulevard de Rochechouart (18e arrdt)

A cette adresse, la construction prochaine d'un R+5+ 2 combles (hauteur totale : 21,80 m) a de quoi interpeller ! Nous ne regretterons pas le R+1 qu'il remplacera, et ne critiquerons pas non plus le traitement du nouvel immeuble, dont la typologie reprend assez correctement celle de son environnement, les baies vont respecter les proportions des immeubles adjacents et la teinte générale du revêtement de la façade sera similaire (enduit taloché ton pierre). En revanche, ses proportions sont déjà plus critiquables : nous parlons d'un projet de plus de 20 m de haut pour une largeur de seulement... 6 m sur rue ! On peut craindre, à terme, le remplissage complet de cette dent creuse, ce projet, autorisé au nom de la densification, ayant malheureusement vocation à se multiplier.

 

 

© J. Pouille / Paris historique

 


© Dossier PASU

 

32-36, rue Fessart / 1-9, rue des Alouettes / 1, place Annah-Arendt (19e arrdt)

Le groupe scolaire a été construit dans les années 1910 grâce à l'acquisition, par la Ville de Paris, des immeubles de cette grande parcelle. Le bâtiment donnant sur la rue des Alouettes présente un soubassement en pierre meulière, une élévation en brique en R+3 sous combles et une toiture à débord caractéristique de l'architecture scolaire su début du 20e s. Une classe aérée de filles, au n°9 de la rue, est ouverte en 1923 selon les principes hygiénistes de l'époque, fondés sur l'air et la lumière. A la fin des années 50, la Ville décide la construction d'un bâtiment supplémentaires en fond de parcelle, afin d'accueillir les enfants des familles venues habiter les nouveaux logement alentours, rues Botzaris, des Alouettes, Delouvain, Clavel et Préault. Les travaux accordés en juin dernier vont créer de nouveaux bâtiments pour l'école maternelle, côté rue Fessart, ainsi qu'un service de restauration, un pôle sportif, des logements de fonction et des locaux techniques. Le sort de la façade donnant sur la rue des Alouettes (collège Claude Chappe) nous inquiète davantage : le R+2 sous combles à gauche de l'entrée principale du collège, dans le même style que le bâtiment qui le jouxte, va être purement et simplement démoli au profit d'une élévation contemporaine. L'entrée y sera déportée, tandis qu'une allège transformera la porte d'origine en simple fenêtre. Certes, la nouvelle entrée facilitera l'accès des collégiens ; pour autant, le traitement contemporain de ce nouveau R+2, avec ses grandes lames toute hauteur, n'est pas très heureux à cet emplacement.

 

 

© J. Pouille / Paris historique

 

 

© Dossier PASU

 

29, rue de l'Ourcq (19e arrdt)

On réserve à un R+3 de six travées sur rue une lourde réhabilitation pour le transformer en hébergement hôtelier. Entre décembre 2015 et ces derniers mois, le site est occupé par un collectif d'artistes, l'Ourcq blanc, selon les termes d'un bail temporaire conclu avec le propriétaire. Aujourd'hui, les locaux sont inoccupés, dans l'attente des travaux. La consultation du dossier nous a permis de constater à quel point une isolation thermique par l'extérieur pouvait compromettre l'intégrité d'une façade. Celle-ci comportait des reliefs au niveau des fenêtres et des couleurs dans les embrasures des fenêtres : tout cela va disparaître. Les murs seront intégralement revêtus de panneaux de bois sculpté d’essence claire, recouvrant l’isolation thermique. Les trois rangées de fenêtres sur la droite seront supprimées, laissant un mur aveugle. L'auvent de la porte d’entrée disparaîtra lui aussi. N'aurait-il pas été plus judicieux d'imaginer un traitement plus doux et plus respectueux de cette façade ?

 

 

© F. Boileau / Paris historique


© Dossier PASU

 

21, rue Haxo (20e arrdt)

Une maison R+2 sera prochainement démolie. Le bâtiment s'organise en L autour d'une cour, un pignon aveugle en façade sur rue. Sur la droite, au 21 bis, se trouve une autre maison composée, sur la rue, d'un rez-de-chaussée + terrasse, avec un étage supplémentaire donnant accès à cette terrasse sur l'arrière (pas d'intérêt patrimonial). Le 21 ter a fait l'objet d'un autre permis, délivré en août 2013 à la SIEMP pour la construction d'un immeuble de quatre étages comprenant douze logements et un commerce. Du côté gauche, au n°19, se trouve un petit immeuble moderne de deux étages, suivi d'un autre de trois étages + combles. Le n°21 est donc, jusqu'à présent, intégré dans une suite de bâtiments de faible hauteur. Les travaux prévoient la démolition totale de ce bâtiment en L, pour le remplacer par un R+4 contemporain qui accueillera onze logements neufs. La cour sera repoussée dans la parcelle, plus petite et paysagée. Implanté à l'alignement, l'immeuble fera saillie par rapport aux constructions mitoyennes, qui sont en retrait. L'effet sera accentué par la couleur de la façade sur rue, prévue en brique anthracite, alors que celles des autres sont claires. Le traitement du 4e étage, qui comportera un balcon, enlèvera un peu de lourdeur à l'ensemble, créant un rythme différent. Le projet s'efforce de respecter les alignements horizontaux. Les baies vitrées, pourvues de menuiseries en bois, seront du même style que celles de l'immeuble du n°19. Les façades donnant sur la cour seront en bois clair. remplaçant une maison individuelle par un immeuble R+4, le projet va dans le sens de la densification. Ce phénomène rend de plus en plus difficile la situation des quelques maisons de faible hauteur qui subsistent dans cette ligne d'immeubles jusqu'à présent assez homogène. La tentation sera grande de les surélever dans les prochaines années.

 

 

 

© F. Boileau / Paris historique

 

25, rue Houdart (20e arrdt)

L'immeuble, protégé au titre du PLU, a été construit en 1883. Comme on peut le lire encore sur la façade, il s'agissait d'un hôtel, le Grand hôtel du Lion d'or. A l'époque, le quartier était très industrieux, de nombreuses petites manufactures y étaient installées, comme par exemple une usine à vapeur pour la passementerie Massé et Anglade (n°12). Peu à peu, les métiers ont disparu, et avec eux les bâtiments. Aujourd'hui, le n°5 reste l'unique témoin de ce passé dans la rue, et l'adresse a beaucoup fait parler d'elle ces dernières années. Frappé de démolition totale par un permis déposé par la SEMIDEP en 2008, la Commission du Vieux Paris s'en est émue et a formulé un vœu demandant "la plus grande conservation possible des structures du bâtiment et en particulier sa façade sur rue". Celle-ci, en effet, est caractéristique des constructions faubouriennes de la capitale. Face à l'état de dégradation avancé du bâtiment, un arrêté de péril est prononcé en mai 2011. La SEMIDEP, qui ne donne pas suite à ses projets, transmet le dossier à la SGIM (actuelle Elogie), laquelle dépose un nouveau permis de démolir en juillet 2013, accordé deux mois plus tard. Les mentions de la CVP sont prises en compte et l'on démolira l'immeuble en préservant sa façade ; les structures de plancher, façades sur cour et escalier sont beaucoup trop détériorées pour être conservés. En juillet 2015, l'arrêté de péril est abrogé, et en décembre Elogie dépose un permis de construire (accordé en juillet 2016), faisant part de son intention de créer une résidence sociale pour travailleurs migrants de quatre étages sur un niveau de sous-sol (26 logements créés). Dans l'attente de sa restauration, la façade sur rue est sécurisée par des étais. Le projet reprendra la forme en L de l'ancien bâtiment, autour d'une cour plantée. Les niveaux des planchers seront réglés sur la composition de la façade existante, dont tous les éléments seront restitués à l'identique : devanture du rez-de-chaussée, porte d'entrée, garde-corps, lucarnes et couverture en zinc. Les enduits plâtre et chaux seront entièrement repris. Les parties manquantes de serrurerie, des moulures, des corniches et des bandeaux seront reconstituées, de même que l'enseigne d'origine en lettres d'or sur fond noir. S'il est toujours regrettable que des années d'inoccupation aient eu raison de l'immeuble, nous saluons toutefois le soin apporté à la restauration de ce qui aura pu être sauvé de la construction d'origine.

 

 

© F. Boileau / Paris historique


© Dossier PASU

 

57, rue de Ménilmontant (20e arrdt)

Voici ce que nous écrivions dans notre bulletin n°111 (1er semestre 2015), à propos du permis de démolir dont il était question à l'époque : Ce permis déposé par la SIEMP a été très rapidement accordé par les services de la Ville (2 mois seulement se sont écoulés entre son dépôt et son autorisation !). La démolition va concerner un immeuble faubourien de 1840 de R+3 à deux niveaux de sous-sol. La façade de trois travées est simple, mais rythmée par des bandeaux séparant les niveaux, et les fenêtres sont encore pourvues de leurs garde-corps en fer forgé. Nous notons que la préfecture de police de Paris avait constaté en 2007 un certain nombre de problèmes de structure en sous-sol qui, non résolus, ont entraîné un arrêté de péril en 2012 (affaissements, planchers vermoulus, solives cassées, fissures, etc.). Malheureusement, le défaut d'entretien de l'immeuble lui aura été fatal. Il faisait pourtant partie d'un ensemble de quatre immeubles présentant les mêmes caractéristiques, et se trouvait au milieu d'une séquence d'une dizaine de bâtiments de la même époque qui avaient réussi à perdurer jusqu'à nous. Nous attendons de savoir ce que la SIEMP aura imaginé à sa place... Voilà qui est chose faite, le permis de construire a été délivré en octobre. Le projet se veut « une proposition homogène d'une grande simplicité pour s'inscrire dans un dialogue avec les gabarits et rythmes de l'architecture environnante. La volonté notamment de marquer les bandeaux de façades », et « un socle marqué par le niveau de commerce sur la rue de Ménilmontant ». Soit. Pour le reste, fi de la spécificité! « Une variation de pleins et de vides, noir et blanc, alliant le bois lasuré anthracite et la maçonnerie enduite » (volets battants de bois lasuré anthracite et mur enduit blanc gris perle). De plus, les « pleins et vides » sont décalés d'un étage à l'autre, au mépris de l'alignement régulier des travées qui caractérise tous les immeubles avoisinants.Dans le cadre d'une « économie circulaire », la réutilisation d'éléments décoratifs de l'ancien bâtiment est envisagée (portes intérieures et les portes palières assemblées pour parer le hall d'entrée, tomettes posées au sol de ce hall, miroir et fontaine dans les parties communes). Souci du détail quand l'essentiel est négligé! On ne peut pas dire que la spécificité, par ailleurs notée au PLU, soit respectée par le projet, qui va s'insérer dans une série d'immeubles anciens. Seuls les bandeaux d'étage et le commerce en rez-de-chaussée se conforment au schéma architectural environnant de la rue de Ménilmontant. Cet immeuble va jurer dans un ensemble ancien jusque là homogène.

 

 

 



 

De nombreuses autres adresses ont fait l'objet d'une analyse du groupe Sauvegarde ces derniers mois ; il ne s'agit, là encore, que d'une sélection des plus intéressantes. Parmi les autres, nous pourrions également citer :

15-17 P, rue Neuve Saint-Pierre (4e arrdt) : un terrain d'éducation physique sera bientôt doté d'un gymnase couvert dont les fondations, si elles sont creusées trop profondément, pourraient rencontrer des strates archéologiques. Le site, inscrit en effet au droit d'un cimetière mérovingien, retient actuellement notre attention.

85, rue Saint-Lazare (9e arrdt) : l'adresse qui a fait les gros titres de la presse il y a quelques temps pour illustrer la transformation de bâtiments haussmanniens longtemps dédiés aux activités tertiaires avant d'être reconverties en logements sociaux par la Ville. Toutes les précautions ont apparemment été prises afin de ne pas dénaturer l'ensemble 1900 à la décoration assez riche. La façade est préservée, autant sur rue que sur cour (faïence "métro").

21, rue Boulard (14e arrdt) : un immeuble de faubourg des années 1880 sera réhabilité et surélevé de deux étages. Une opération qui lui coûtera son cachet.

36 au 38, rue de la Cour des Noues (20e arrdt) : un ensemble de bâtiments d'un et deux étages seont démolis au profit d'une réalisation contemporaine de 7 étages et un niveau de sous-sol à usage de commerce en rez-de-chaussée et d'habitation (20 logements créés). Bien que le style de l'immeuble soit très actuel, le rythme et le traitement de sa façade ne heurteront pas outre mesure les immeubles environnants.

18, rue Larrey, 7, rue Lacépède (5e arrdt) : l'ensemble immobilier de cette parcelle sera transformée en hôtel de tourisme. Il comprend l'hôtel particulier Pourfour du Petit, l'atelier Lavillaugouët (entreprise générale de bâtiment qui occupe les locaux d'une ancienne distillerie) et divers autres bâtiments. La construction d'un nouvel immeuble sur la rue Larrey inquiète les riverains, mais Paris historique n'y voit aucune atteinte d'ordre patrimonial, et trouve au contraire que le projet est respectueux de son environnement.

19, rue Drouot, 15, rue de Provence (9e arrdt) : un immeuble de 1854 formant un angle de rues sera surélevé pour le transformer en hôtel de tourisme (il est actuellement occupé par des bureaux). La Commission du Vieux Paris avait formulé un vœu demandant une révision de la volumétrie du projet (forme de combles inadaptée à l'unité architecturale du bâtiment et à l'unité formée par ses mitoyens), ainsi que la conservation de la structure d'origine du rez-de-chaussée et la conservation du vide central de l'escalier. Un nouveau PC a été déposé, et donc accordé, et la CVP a levé son vœu.

24, rue Ginoux (15e arrdt) : une maison d'habitation de deux étages sera coiffée de deux niveaux supplémentaires. Une piscine sera même créée au sous-sol. Dans cette rue où beaucoup d'immeubles sont récents, celui-ci résistait encore. Si des éléments de façade seront conservés, la volumétrie d'origine cédera encore une fois face à ce nouveau projet de densification.

27, rue de la Faisanderie (16e arrdt) : il s'agit d'un hôtel particulier classique du 19e s. à large porche, ouvrant sur une cour. On envisage ici la construction de 2 bâtiments de R+5 à R+6 étages après démolition des planchers, de la façade arrière et de la toiture du bâtiment de deux étages sur rue (conservation de la façade) et d’appentis à rez-de-chaussée et R+2 étages à usage de bureau, la végétalisation des toitures et la plantation de trois arbres dans l’espace de liaison reliant les deux bâtiments. Le contraste de style et de matériaux est trop fort et devient écrasant sur une telle hauteur. La partie moderne sera aussi haute que l’hôtel lui-même. Les baies ne respecteront ni l’alignement, ni les proportions. L’hôtel sera défiguré.

30-32, rue de l'Affre / 5-7, rue Myrha (18e arrdt) : en décembre 2015, l’association Cavé Goutte d’Or avait obtenu l’annulation du permis de construire auprès du tribunal administratif, reprochant à l’architecte des bâtiments de France un défaut d’examen sérieux et complet du dossier (et les juges d’ajouter les prescriptions de l’ABF ne prennent pas en compte la problématique de la co-visibilité). Il s’avère également que la parcelle n’était plus cadastrée ! Il s’agit d’un immeuble d’époque Louis Philippe (1830-48) que la Commission du Vieux Paris avait signalé comme étant « parmi les plus anciens et les plus remarquables » du quartier de la Goutte d’Or. Il est de 4 étages plus combles le 4ème ayant des fenêtres arrondies. Le nouveau bâtiment, dot la construction est aujourd'hui accordée, est très massif et fait l'effet de cubes superposés. Il est dommage qu’il ne mette pas en valeur le bel immeuble du 5 rue Myrha qui, lui, sera restauré dans de bonnes conditions.