ENQUÊTES SUR LES PERMIS ACCORDÉS


Adresses étudiées par la Sauvegarde durant le premier semestre 2016. En rouge, les atteintes au patrimoine ; en vert, les travaux respectueux. Les permis des autres semestres sont consultables  ici.

 

 

  © Dossier PASU

 


68, bd de Latour-Maubourg/1B, av. de la Motte-Picquet (7e arrt)

Cet immeuble d'angle des années 1850, qui comporte 5 étages sur un niveau de sous-sol, s'accompagne d'un petit bâtiment R+1 sur l'avenue ; tous deux s'inscrivent dans le champ de covisibilité du site des Invalides. Dans les prochains mois, de lourds travaux les attendent, qui ont conduit l'ABF à formuler certaines prescriptions avant de donner son accord.

Le plus petit immeuble sera entièrement démoli, remplacé par une extension du bâtiment d'angle pour y installer un ascenseur et un escalier. Deux niveaux supplémentaires (le dernier en retrait) coifferont le R+5. L'ensemble sera traité dans le style de l'existant, mais perdra son gabarit originel pour un résultat beaucoup plus massif. L'isolation thermique par l'extérieur ajoutera 17 cm à l'épaisseur de la façade, les fenêtres seront remplacées et les tous volets bois supprimés. 

 

 

 

 

 

 

 

 © Dossier PASU

15-17, rue de Bucarest (8e arrt)

Une lourde restructuration est prévue pour ce groupe de deux bâtiments de 1862 situé dans la rue de Bucarest, ouverte en 1826 lors du lotissement du quartier de l'Europe. Il s'agit de deux immeubles de bureaux, tout à fait semblables à quelques détails près : mascarons de femmes au n°17, d'hommes au n°19, garde-corps identiques mais inversés haut-bas, et traitement différent des combles.

Suite à un avis défavorable motivé par la sécurité incendie et l'évacuation des eaux pluviales, le permis a été complété.

A l'intérieur, les cheminées ont disparu, mais il subsiste le décor des deux premiers niveaux (moulures et boiseries). L'escalier d'origine, en bois, est en bon état.

Une surélévation d'un niveau est prévue, commune aux deux bâtiments, avec pour objectif de "réinscrire [l'ensemble] dans la fabrication d'une ville contemporaine" et de lui "rendre son unité perdue".

Difficile, pourtant, d'imaginer comment une rupture de style aussi évidente puisse aller dans le sens de cette louable intention !

 

 

© J. Pouille / Paris historique

 

10-14, rue de Londres (9e arrdt)

En 2013, la Ville de Paris a acquis un ensemble immobilier de bureaux que la SIEMP va se charger de transformer en 36 logements sociaux.

La parcelle est constituée d'un terrain de plus de 2000 m² sur lesquels sont édifiés deux bâtiments R+4 (sur cour) et R+5 (sur rue). Le programme porte sur une réhabilitation lourde de l'existant, en se conformant aux objectifs du Plan Climat avec la meilleure performance énergétique possible (chauffage au gaz et panneaux solaires).

Le PC examiné concerne le bâtiment sur rue, qui doit gagner deux étages supplémentaires. On regrettera la disparition des chiens assis du niveau R+4, qui donnaient son caractère à l'immeuble et qui seront intégrés dans la surélévation, remplacés par un mur en zinc dans lequel seront incorporées les fenêtres.

Au rez-de-chaussée, les deux portes de garage seront remplacées par une seule porte d'accès. Les fenêtres seront refaites une pour une (plus deux sur l'ancienne porte). Les barreaudages seront supprimés. Le soubassement sera recouvert de métal ajouré thermolaqué identique à la surélévation (ton blanc pierre).


londres© Dossier PASU

 

 
 

renevillerme© Google Street View

 


villerme2
© Dossier PASU
 

6, rue René Villermé / 49 au 57 A, boulevard de Ménilmontant / 7 au 15, passage de la Folie-Regnault (11e arrdt)

Cette rue du quartier de la Roquette, face au Père-Lachaise, réunit les anciens passages René et Duranti. Elle abritait encore au 20e siècle de petites manufactures diverses (on retrouve dans les archives la présence d'un atelier de vernissage sur métaux vers 1904, d'une fabrique de glaces et de cadres vers 1911 et d'une usine de jouets mécaniques vers 1928). La parcelle qui nous intéresse est occupée par un stade en plein-air ouvert à tous, très prisé des jeunes du quartier. La Ville de Paris a décidé de réaliser un vaste programme immobilier (immeuble de 10 niveaux culminant à 31m) le long du boulevard de Ménilmontant, avec implantation d'un centre de valorisation des encombrants en lieu et place du stade. Un gymnase surélevé de deux étages complètera l'ensemble, passage de la Folie-Régnault, qui prendra la place de l'actuel jardin partagé en pleine terre.

 

 

 

 

 
daumesnil 
© Dossier PASU



 

295, avenue Daumesnil (12e arrdt)

La parcelle se situe entre l'orée du bois de Vincennes et une sortie du périphérique. Elle jouxte la cité de l'Immigration (ex musée des Colonies), classé monument historique, et a été revendue par la Ville afin de permettre la construction d'un hôtel de tourisme en R+8 sur un niveau de sous-sol (255 chambres). Vinci implantera en effet prochainement le premier hôtel mHôtel One en France (chaîne allemande).

Le retrait du nouveau bâtiment par rapport à la rue, de même que la fragmentation volumétrique qu'il va présenter, supposée prévenir tout effet de masse par rapport à son voisin, seront-ils des arguments favorables à l'insertion du projet dans son environnement ? Rien n'est moins sûr. La Commission du Vieux Paris a alerté sur ce brusque changement d'échelle, qui risque fort de modifier la perception du musée de l'Histoire de l'immigration : une faible distance séparera les deux constructions, et l'hôtel cachera bel et bien une partie de la façade est du musée.

Le traitement des façades, lui aussi, est très différent de son voisin : métal de finition lisse et semi-réfléchissante pour les premiers niveaux, décalage des fenêtres des chambres toute hauteur, derniers niveaux en verre sérigraphié jouant sur les reflets, de jour comme de nuit. Les toits en terrasse sont végétalisés mais non accessibles au public.

Certes, les personnes qui ont eu connaissance des autres projets présentés lors du concours sont finalement rassurés par ce choix, nous avons échappé à pire ! Il n'en reste pas moins que son implantation aussi proche d'un monument historique pose problème.

 

 

 

 

 

 
 poniatowski

© Dossier PASU

 

 

  105 au 105 B, boulevard Poniatowski (12e arrdt)

Une modification très brutale attend cette adresse, où deux petites maisons R+1 et R+2 de type faubourien disparaîtront au profit d'un grand immeuble de 9 étages géré par la RIVP sur un terrain appartenant à la Ville de Paris. Notons qu'un appel d'offres a été lancé récemment pour la réhabilitation d'un R+6 des années 90 au n°117 de la même rue, non loin de là.

La parcelle, triangulaire et relativement exiguë, s'avère contraignante. D'après le dossier, l'architecte a voulu que son projet s'intègre au bâti environnant ; d'après notre analyse, sa volonté peine à convaincre... Certes, le projet prévoit un ordonnancement similaire aux bâtiments mitoyens, avec un soubassement (rez-de-chaussée + 1er étage), des éléments de décoration sur une façade légèrement saillante, une toiture en zinc, mais il ne s'agit que d'évocations typologiques assez lointaines.

La construction s’adosse contre les limites séparatives, sauf avec le n°107 du boulevard, où l’implantation décollée de la limite permet une échappée visuelle et un puits de jour sur la cour de ce voisin. L’ensemble des baies constituant l’éclairement premier se situe sur le boulevard. L’ensemble des jours ne constituant pas l’éclairage premier sont situés à plus de 2m de la limite séparative. Ces éclairages sont parfois apportés par des zones en pavés de verre lorsque la distance avec la limite séparative est inférieure à 2m.

La hauteur totale atteindra 31m et dépassera d’un étage environ celle des immeubles mitoyens.

 

 

 

poniatowski1 
© Dossier PASU
 
 

 
 dessousdesberges
© M.-T. Lesrel / Paris historique
dessousdesberges2
© Dossier PASU
 

78, rue du Dessous des Berges (13e arrdt)

Cette rue du 13e arrondissement est un ancien sentier situé sur la commune d'Ivry ; elle a été ouverte en 1877. Le R+4 de type faubourien situé au n°78, qui a déjà subi plusieurs modifications (élévation du niveau sur rue, épaississement de la construction initiale et ajout, sur celle-ci, d'un 4e étage), sera surélevé de deux niveaux sur rue et de trois sur cour. Un ravalement avec isolation thermique par l'extérieur sur les façades rue et cour complètera les travaux, mais une réflexion sur l'existant a fait opter pour un isolant chanvre et chaux de 7 cm d'épaisseur recouvert d'un enduit de finition traditionnel.

Menuiseries et garde-corps existants seront conservés, en revanche les fenêtres seront équipées de persiennes métalliques, et les volets bois qui subsistaient au 1er étage seront malheureusement supprimés.

 

 

 

ruedesplantes2
© O. Manicastri / Paris historique
 

12, rue des Plantes (14e arrdt)

Nous avons affaire à un immeuble de 1870 de trois étages et neuf logements, encadré par un bâtiment de même époque déjà surélevé avec rupture de style, et par un autre, contemporain, de deux étages.

Une surélévation est prévue après démolition de la toiture et d'une fenêtre, avec création d'un patio et d'un escalier, un réaménagement intérieur et la modification des baies sur cour.

Un type de surélévation que l'on déplore trop couramment de nos jours, faisant perdre leur caractère à des quartiers entiers.

ruedesplantes© Dossier PASU

 

 

convention1 © A. De Graaff / Paris historique

convention2

© Dossier PASU

  

40, rue de la Convention (15e arrdt)

A cette adresse est prévue la création d'un bâtiment de 8 étages sur deux niveaux de sous-sol à usage de tourisme (65 chambres) et de stationnement (10 places). L'immeuble actuel, un R+2 en briques construit au début du 20e siècle, dont la démolition a été accordée en septembre 2013, est toujours debout. Cette démolition est prévue de longue date, puisque la Commission du Vieux Paris s'y était déjà opposée en mai 2006 ; à l'époque, c'est la COGEDIM qui portait un projet d'immeuble d'habitation : "Il est [...] regrettable qu'aucune évaluation patrimoniale ou réflexion sur l'éventuelle surélévation du bâtiment sur rue n'aient été envisagés. Il s'agit en effet d'un immeuble sain, ayant conservé son aspect d'origine [...] La Commission du Vieux Paris a formé un vœu en faveur d'une construction moins imposante, s'inscrivant dans un rapport d'échelle correspondant au contexte urbain et paysager existant entre le petit square Paul Gillot attenant au 40 rue de la Convention (15e arrdt) immeuble, dont elle a souhaité la conservation, et l'immeuble construit en 1901 par l'architecte Delangle". En 2013, la mairie du 15e avait émis un avis défavorable à sa démolition, jugeant que l'immeuble méritait une réhabilitation exemplaire compte tenu de sa qualité architecturale. Le nouveau projet, un futur hôtel de tourisme, porté par une SCI, avait quant à lui été très critiqué aussi, tant par la mairie du 15e que par l'ABF lui-même : trop massif pour ne pas porter atteinte à l'ensoleillement du square public attenant, rupture de la séquence urbaine avec le square et le parvis de l'Imprimerie nationale en face), vocabulaire d'architecture trop agressif (blocs cubiques proéminents trop prégnants dans le paysage urbain par rapport à la parcelle), implantation du nouveau bâtiment dépassant les limites de l'ancien, et surtout co-visibilité avec l'église Saint-Christophe-de-Javel (arch. Ch.-H. Besnard, 1926, inscrite au titre des Monuments historiques en 1975).

En septembre dernier, de nouvelles pièces sont présentées au dossier, qui donnent lieu à l'accord du permis en décembre. On regrettera la démolition de ce bâtiment qui était tout à fait dans le style de son voisin de gauche. mais le dossier ne comportant plus de traces du dossier précédent, difficile de faire une comparaison avec le projet précédent. Les promeneurs du square Paul Gillot ne pourront que regretter la lumière (déjà chiche) actuelle quand ils seront surplombés par 8 étages même s’il semble que l’arrière de l’hôtel sera moins épais que sur la rue.

 

 lesueur
© N. Henry/ Paris historique

 

© Dossier PASU

 

4, rue Le Sueur / 40, rue Chalgrin (16e arrdt)

L’obtention du permis n’a pas été facile à cause de l’avis défavorable émis par le maire du 16e pour "atteinte au caractère des lieux s’agissant d’un site inscrit". Il s'agit un bâtiment en forme d’éperon, construit en 1877 à deux niveaux sous combles, visible depuis l’avenue Foch et situé dans un espace dégagé au pied de l’Etoile. Modifié deux fois, la première en 1897, puis en 1913 avec surélévation, modification de façades et disparition du jardin d’angle.

Après enlèvement des ardoises, le projet conserve le niveau des combles ; la façade sera soulignée par un balcon en saillie de 35 cm sur tout le pourtour. Au-dessus de cette démarcation sont prévus 2 niveaux en retrait de 25 cm par rapport au nu de la façade. Les baies reprennent l’alignement et gagnent en largeur sur le pan-coupé. La maçonnerie est enduite ton pierre. Le dernier niveau, en retrait de 105 cm, est en zinc prépatiné.

Les deux hauts murs pignons à l’arrière de l’immeuble sont disproportionnés : mais ils encadraient le petit immeuble d'angle sans le gêner. Le site actuel, avec les perspectives fuyantes des deux voies descendantes, créait un dégagement qui attirait les regards depuis les jardins de l’avenue Foch. Il aurait été souhaitable de laisser ce dégagement tel quel.

 

 



 

 weber

 © N. Henry/ Paris historique

 weber2

© Dossier PASU

 

21, rue Weber (16e arrdt)

La rue Weber a été ouverte en 1883 sous le nom de rue Nilson, elle se compose de plusieurs petits hôtels particuliers protégés au titre du PLU. Au n°21, l'un d'eux est sur le point de perdre ses communs : l'hôtel en pierre de taille dispose en effet d'un bâtiment R+1 en fond de cour, de même époque. Transformés en habitation, ces communs ont toutefois subi quelques modifications au fil des décennies. La Commission du Vieux Paris avait déjà été saisie du projet de démolition en 2008 dans le cadre d'une étude de faisabilité ; il avait été répondu au propriétaire que, bien que la Commission relève un intérêt typologique dans la conservation d'un bâtiment contemporain de l'hôtel particulier, la démolition pouvait toutefois être envisagée du fait de ses modifications successives, et au profit d'un immeuble contemporain de taille modeste.

Le projet accordé respecte ces préconisations. Malgré tout, on pourra regretter le traitement de la nouvelle habitation. Il s'agit - tout de même - d'un R+3 avec toiture-terrasse, certes très peu profond, mais dont la façade ne fera plus aucune référence au bâtiment qu'il remplace : vitrage clair et aluminium laqué gris avec au milieu une partie translucide sur toute la hauteur pour protection visuelle. Cette façade vitrée sera doublée de lamelles translucides pour faire un écran mobile avec des éclats lumineux. Les angles du bâtiment seront arrondis et le 3e niveau en retrait bénéficiera d’une terrasse végétalisée avec vue sur la rue.

Cette maison de ville habillera toute la hauteur du mur mitoyen du fond. Sa verrière se veut une transition entre le style de l’hôtel et les immeubles modernes voisins. On annonce que cette formule "bâtiment placard" sera reprise chez le voisin, le n°19, hôtel jumeau accolé au n° 21, mais en version plus haute avec 4 étages sous combles.

 

 

 

 

clichy
© Dossier PASU


 



 

 

 

19, avenue de Clichy (17e arrt)

Un immeuble sur cour sera surélevé d'un niveau, passant de 3 à 4 étages. Le projet consiste à modifier la pente de toit couvrant ce bâtiment de type faubourien afin de rendre habitable le comble ainsi dégagé. La façade côté cour sera rehaussée de 2m46 sans modification du faîtage existant. Le style originel de l'immeuble est préservé, de même que son traitement : enduits en mortier de chaux, badigeons clairs, bandeaux et corniches à l'identique. Les fenêtres et les volets en bois seront peints en gris clair. Ce projet est très satisfaisant.





 

 


 marcadet
© M.C. Lhommet / Paris historique


 
 

197-199, rue Marcadet (18e arrt)

Nous vous parlions de cette adresse dans le bulletin n°111 (ancienne fondation Mathilde et Henri de Rothschild, devenue clinique Paris-Montmartre), dans lequel nous vous faisions part de nos doutes par rapport à la réalisation projetée. Nous avons pu consulter le projet, accordé par la Ville en décembre dernier malgré le vœu défavorable de la Commission du Vieux Paris. Le signalement de l'immeuble sur rue au titre des PVP n'aura pas suffi à l'ensemble d'être surélevé quasi conformément au permis... Quelques prescriptions, respectées, ont toutefois été formulées : conservation de l'ensemble des façades, conservation du niveau existant de la cour, mise en retrait d'une partie de la surélévation côté rue. Le résultat se passe de commentaires.

marcadet2

© Dossier PASU

 

 

hecht
© Google Street View

hecht2
© Dossier PASU
 

8, rue Philippe Hecht (19e arrt)

Nous voici au cœur de la butte Bergeyre, dans un quartier à l'histoire singulière.

Occupée depuis très longtemps par des champs, la butte a accueilli un stade à partir de 1918, auquel on a attribué son nom. Son sol, très instable (anciennes carrières mal comblées), empêchait le site de recevoir des lotissements. On a, un temps, pensé que les activités sportives qui s'y tenaient régulièrement n'auraient aucune incidence sur les sous-sols, mais de lourds travaux de consolidation durent toutefois être entrepris quelques années seulement après de début de l'exploitation du stade.

Le budget était trop important pour le Sporting Club de Vaugirard en charge de l'administration du stade, qui dut céder le terrain en 1926 à un lotisseur privé. Celui-ci prit à sa charge la stabilisation du quartier, fit détruire le stade et aménagea l'ensemble pour y construire un lotissement. Tous ces travaux n'empêchèrent pas le terrain de s'effondrer en partie en février 1931. La rue Philippe Hecht fait partie des voies ouvertes dans ces années. Elle rend hommage à un couturier parisien célèbre dans les années 20 et qui possédait sa maison de couture place Vendôme.

Jouxtant un bâtiment de la fondation Rothschild, le n°8 de cette rue présente une maison de ville datée de 1934, de deux étages sur un niveau de sous-sol. Les propriétaires souhaitent modifier l'aménagement extérieur. La consultation du projet nous permet d'être rassurés pour cette maison, dont l'esprit années 30 sera globalement conservé. La porte du garage sur rue sera transformée en baie vitrée, et un muret sera créé au droit du trottoir afin d'y placer de la verdure. Le bâtiment sera surélevé d'un niveau en retrait de la rue.

L'ABF avait prescrit deux réserves : le maintien des deux grilles de fenêtres sur rue, représentatives du patrimoine ferronnier du quartier, et une surélévation en bois de type red cedar. .

 

 

 

 

 

penaud 
© F. Boileau/ Paris historique
 
 

48, rue Alphonse Penaud (20e arrt)

Le bulletin 111 vous faisait part d'un projet d'hôtel de tourisme en lieu et place d'une ancienne manufacture construite en 1904 dans le quartier de Saint-Fargeau. Le permis a été accordé en décembre dernier et nos équipes ont donc été en mesure de le consulter.

L'ensemble sera démoli, à l'exception, en façade, de l'œil-de-bœuf en rez-de-chaussée, et des deux étages. De grandes baies vitrées avec menuiserie en aluminium thermolaqué gris-noir se placeront de part et d'autre de la porte d'entrée centrale, et deux étages supplémentaires (le dernier en retrait), traités de la même manière, coifferont l'ensemble.

Assurément, un exemple de façadisme à ne pas suivre

penaud2 
© Dossier PASU
 

 

 

manouchian
© F. Boileau/ Paris historique
manouchian2
 
© Dossier PASU

 

30 au 30 B, rue du Groupe Manouchian (20e arrdt)

Cette voie a été formée en 1938 dans le quartier Saint-Frageau par la réunion de l'impasse Fleury et de l'Impasse du Progrès. Le projet qui affecte cette parcelle consiste à raser totalement l'existant, une petite maison d'un étage en bordure de rue à l'endroit où celle-ci fait un coude, un R+2 en briques en fond de parcelle et un jardin arboré, au profit d'une résidence contemporaine de 5 étages + toiture-terrasse proposant 27 appartements du T1 au T3. Les deux derniers niveaux seront en retrait progressif : "la cassure à partir du niveau R+4 suggère la forme, le profil typique du bâti parisien et leur toiture mansardée", explique l'architecte. On peine pourtant à en retrouver l'esprit. La façade présentera, au-dessus d'un rez-de-chaussée de béton lazuré noir, une « superposition désorganisée » des baies « en écho à la trame organisée de la double peau. » Cette dernière sera revêtue de plaquettes de brique blanche, tandis que le mur à l'arrière-plan sera recouvert d'une peinture à la tonalité plus sombre tendant vers le gris foncé. Les entourages de baies, menuiseries aluminium, sous-faces de balcons et garde-corps métalliques seront d'une teinte mordorée. Le pignon situé dans le crochet de la rue sera percé de baies verticales, réparties elles aussi de façon désorganisée. Là où la petite maison actuelle dessine une encoche dans l'alignement, c'est une masse compacte qui va s'avancer sur la rue et donner l'impression d'un goulot d'étranglement.