ENQUÊTES SUR LES PERMIS ACCORDÉS


Adresses étudiées par la Sauvegarde durant le second semestre 2015. En rouge, les atteintes au patrimoine ; en vert, les travaux respectueux. Les permis du premier semestre sont consultables : ici.

 

 

 

© M.-T. Lesrel / Paris historique

53B-55, rue Boussingault (13e)

Le permis concerne un bâtiment Art Déco de deux étages sur un niveau de sous-sol partiel situé dans le quartier Maison Blanche. L'ensemble est appelé à devenir un hôtel de tourisme. L'immeuble donnant sur la rue est menacé d'une surélévation de trois étages. On prévoit également l'extension du sous-sol et la création d'un deuxième niveau de sous-sol. Les allèges des deux baies vitrées seront supprimées pour en faire des portes d'accès.Sur l'arrière de la parcelle, les bâtiments existants seront démolis et le sol partiellement décaissé pour permettre l'aménagement d'un jardin. On notera la volonté manifeste de trancher avec l'élévation existante, ce que tente de justifier l'architecte : "la surélévation est clairement exprimée de façon contemporaine, tout en respectant la volumétrie parisienne notamment par un traitement en zinc du volume de toiture placé dans la continuité du brisis avoisinant. La façade en surélévation est placée légèrement en retrait, l'espace ainsi créé étant occupé par des éléments en bois bakélisés, formant une réinterprétation contemporaine des modénatures minérales des immeubles parisiens".De cette relecture typologique, certains pourraient néanmoins penser qu'au contraire, ses tons sombres écraseront la volumétrie originelle. Nous sommes de ceux-là.

 

 

© Dossier PASU

 

 

 

© M.-T. Lesrel / Paris historique

8-8B, rue des Peupliers/2, avenue Félicien Rops/8-14, rue de la Poterne des Peupliers (13e)

Une petite maison de ville R+1 sera surélevée d'un niveau et, fait assez rare pour être mentionné, ne perdra pas son âme, puisque l'étage supplémentaire sera réalisé dans le même esprit que l'existant.

 

© Dossier PASU

 

 © F. Boileau / Paris historique

 

26, passage des Tourelles/15, rue des Tourelles (20e)

Nous sommes en présence d'un dossier dont le projet de surélévation respectera le style de l'immeuble, mais pas ses proportions.

Ce R+2 construit au 19e siècle, à usage d'habitation, sera coiffé d'un étage supplémentaire; la suppression de la toiture  à trois pans fera perdre quelques dizaines de centimè tres au niveau interm édiaire. Les é tages 1 et 3 seront donc plus hauts que l' étage 2. Le r é sultat sera... curieux  à l' œ il.

© Dossier PASU

 

 
© Dossier PASU



 

22, rue de la Croix-Nivert (15e)

Rien de particulier à signaler pour la surélévation d'un niveau de ce R+3 du 19e siècle en pierre et brique. Trois fenêtres mansardées et la couverture en zinc respecteront l'équilibre de l'ensemble.

 

 

 

 
© Dossier PASU



 

144, rue de La Tour (16e)

Ce petit immeuble daté de 1880 passera prochainement de 3 à 5 étages. Le premier niveau supplémentaire s'appuie sur le bandeau qui bordait l'ancienne toiture. Le second est aligné sur la façade mitoyenne en retrait. 

Cette surélévation (baies vitrées aux structures en acier teinté quartz) laisse supposer que l'architecte voulait la rendre discrète et peu visible dans le ciel. Pour autant, elle risque aussi d'attirer l'attention par fort contraste de matière.

 

 

 

 

 

 
© F. Boileau/Paris historique
 

 

44, rue Planchat (20e)

Il s'agit d'un ancien immeuble industriel, bâti en 1928 pour abriter les ateliers A. J. Berthier, spécialisés dans la fabrication d'étalages de vitrines et d'installations de magasins.

Transformé en bureaux, il est sur le point d'être reconverti en bâtiment d'habitation (38 logements) avec une surélévation de 3 niveaux.

La façade n'a subi que peu de modifications au fil du temps. A l'intérieur, il ne subsiste du bâtiment originel que certains éléments de l'entrée des magasins : l'escalier et la mosaïque du palier d'accueil, les vol é es d'escalier avec leur rampe desservant les é tages sup é rieurs.

Afin d'estomper son impact sur le bâtiment existant, la surélévation présentera deux retraits, l'un au 3e niveau et l'autre au 5e. Sur rue, elle sera revêtue de tuiles de terre cuite émaillée gris très clair, en harmonie avec la teinte de l'enduit du soubassement. Les menuiseries extérieures seront traitées dans le style des ateliers d'artistes.

La façade existante sera conservée avec ses modénatures et parements de brique. Les allèges à chaque niveau seront abaissées de 1m à 0,80m pour permettre un meilleur confort visuel des habitants, mais refaites à l'identique. Sur les fenêtres du rez-de-chaussée, les grilles seront supprimées. L'ensemble vitré d'accès depuis la rue, à gauche de la façade, sera reconstitué suivant les partitions dessinées sur le permis de construire d'origine de 1928. Il desservira directement le local d'activité pour profession libérale, relié à un appartement par l'escalier d'origine conservé. La grille d'accès au passage cocher central sera conservée et remise en état. L'entrée de l'immeuble se fera par cette grille.

 

Le projet a fait l'objet d'une démarche attentive et d'une active concertation préalable auprès des services de la Ville. Le parti architectural vise la préservation et la mise en valeur des caractéristiques architecturales du bâtiment existant et le traitement de qualité et en harmonie de sa surélévation. L'effet obtenu est celui d'une grande légèreté. Toutefois, la présence de balcons en façade sur rue, notamment celui de droite, plus large et décalé par rapport à la symétrie caractéristique de la façade existante, nuit à l'harmonie recherchée.

 

 

 

© Dossier PASU
 
 

 
 
© Dossier PASU
 

11A-13, rue des Ecluses Saint-Martin (10e)

Un foyer médicalisé de 30 places et un centre d'accueil de jour pour adultes vont voir le jour dans ce bâtiment du 19e siècle longtemps occupé par la CFTC.

Fermé sur les quatre côtés de la parcelle, seul le bâtiment sur rue présente un certain intérêt: il se compose de deux étages de huit travées + combles (trois chiens-assis de part et d'autre d'une toiture à double pente couverte de tuiles).

Dans la cour, un édicule sera supprimé, et remplacé par un bâtiment en pont entre les deux côtés de la cour. Les bâtiments sur cour seront isolés par l'extérieur, avec pose de bardages permettant de grillager certaines fenêtres de chambres.

Sur rue, une isolation par l’extérieur se fera par pose d’un enduit conservant l’aspect actuel de la façade. Le permis est cependant très disert sur la modification de la toiture. Le rehaussement prévu fera disparaître les chiens-assis, ce qui dénaturera la façade.

 

 

 

© M.-F. Gouyet / Paris historique
 

35, rue Bassano (8e)

Cet immeuble construit en 1876 par l’architecte Alfred-Bernard Férot, également propriétaire, onze ans après le percement de la rue sur les anciens jardins du couvent Sainte-Perrine.

Originellement, l'immeuble comportait un R+1 et un bâtiment de trois étages; en 1955, on ajoute deux niveaux au R+1, qui rattrape la hauteur de la construction mitoyenne. La boutique en rez-de-chaussée est transformée.

La prochains travaux consisteront en la surélévation d'un niveau + mezzanine de l'ensemble du bâtiment en remplacement de la charpente bois et de la toiture en zinc existantes, reconstruction du rez-de-chaussée dans son état d'origine (forme rectiligne des linteaux avec baies de fenêtres rectangulaires) ; une nouvelle porte dentré e principale, en serrurerie de fer forg éà l ancienne noir, sera centrée sur la façade. La façade de la surélévation pour la partie principale sera un mur rideau en verre clair revêtu de brises soleil métalliques. Une partie de ce mur rideau sera remplacée, dans sa partie haute, par un terrasson en zinc.

La configuration du 19e siècle sera donc respectée en parties basses, malheureusement il n'en sera pas de même pour les niveaux supérieurs...

© Dossier PASU

 

 

1, avenue Corentin-Cariou (19e)

La gare du Pont de Flandres a été construite en 1869, elle faisait partie des gares de la Petite Ceinture. Le bâtiment voyageurs se compose de deux travées de trois et quatre ouvertures, la travée la plus étroite étant surmontée d'un seul étage. Fermé au trafic voyageurs en 1934, le bâtiment a longtemps été utilisé comme logement, puis comme squat d'artistes en 2010. Très dégradé, il est toutefois protégé au titre du PLU pour son appareil de pierre remarquable.

Un appel à projet a été lancé par la SNCF qui, conjointement avec la Ville de Paris, a choisi que l'ancienne gare de la Petite Ceinture devienne "La Gare", un club de jazz et de musiques improvisées, un bar-restaurant et une salle polyvalente tournée vers l'action culturelle de proximité.

Le projet consulté vise à conserver au maximum le bâtiment tel quel, tags et végétation existante inclus. La plupart des fenêtres murées seront rouvertes.

Une initiative pour le moins originale.

 

© Dossier PASU

 

 

10, rue de la Dhuis (20e)

L'immeuble industriel (1928), en structure de béton et remplissage de briques pour les allèges, accueillait anciennement des ateliers. Aujourd'hui, il est divisé en appartements. Il s'agit de créer un duplex pour les occupants du 2e étage, propriétaires des combles. Le parti pris est de construire en retrait des pignons, de manière à conserver en mémoire une trace du bâti avant surélévation.

Afin de conserver la forme du faîtage, côté rue la surélévation aura l'aspect d'une "maison urbaine" en zinc à 2 pentes végétalisées posée sur l'immeuble. La terrasse en retrait de l'alignement sur rue évite de perturber la typologie "atelier-manufacture" de la façade.

Côté cour, la surélévation prendra la forme d'un parallélépipède en zinc avec un toit plat également végétalisé (complément d'isolation thermique et gestion pluviale).

La reprise des pentes originelles et la recherche relativement discrète de surface habitable supplémentaire sont tout à l'honneur de ce projet.

 

 



 

© M.-C. Lhommet / Paris historique
 

 

 

24, rue d'Oran (18e)

Voilà bien une surélévation respectueuse du bâti existant !

Cet immeuble faubourien en R+2, situé dans le quartier Château Rouge, avait fait les frais d'un ravalement dans les années 50 qui avait supprimé toutes ses modénatures.

La surélévation de trois niveaux (le dernier avec terrasse) ne choque pas, il est même prévu de remplacer les garde-corps de l'ensemble par un modèle plus en accord avec la typologie originelle.

 

© Dossier PASU
 

 

© Dossier PASU


 



 

 

 

18, cours Albert 1er/1, rue Bayard (8e)

Cet hôtel particulier en pierre et brique a été construit par Charles Mewes en 1887 pour Charles Ferry (frère de Jules). On doit à l'architecte d'autres réalisations, parmi lesquelles la transformation de l'hôtel de Gramont pour le compte de César Ritz place Vendôme, les hôtels Carlton et Ritz à Londres ou encore les établissements thermaux de Contrexéville.

Le 18 cours Albert 1er, qui hébergeait des bureaux, va être transformé en hôtel de tourisme. Afin de proposer 45 chambres, le bâtiment sera surélevé de deux niveaux, mis aux normes d'accessibilité (ascenseur et monte-personnes), et agrémenté d'une salle de sport et d'un spa en sous-sol. L'ensemble de ses façades sera ravalé.

Le projet a fait l'objet de nombreuses modifications suite à une multiplication d'avis défavorables. Il a notamment été demandé que la surélévation imaginée à l'origine soit plus modeste. Le dossier a finalement été accordé an août dernier.

Les niveaux supplémentaires, traités dans le style originel de l'immeuble, auront le mérite de dissimuler les pignons mitoyens. Ils n'écraseront pas le bâtiment et s'intégreront assez harmonieusement dans le paysage urbain.

© Dossier PASU


 

 


© Dossier PASU


 
 

28, rue Duméril/104, bd l'Hôpital/2, rue Titien (13e)

Troisième projet concernant cet hôtel de tourisme, qui souhaite s'agrandir. Le dossier est enfin accordé, les précédents ayant été refusés pour des questions de sécurité incendie.

Le bâtiment sera donc surélevé de deux étages, respectant la typologie de l'existant jusqu'à en reprendre la modénature.

La toiture ne choquera pas non plus, preuve que l'on peut parfaitement augmenter les surfaces sans heurter systématiquement le regard.


© Dossier PASU

 

 

© Dossier PASU

 

67, avenue de Bretueil (7e)

On signale à cette adresse la surélévation d'un immeuble 1860 qui passera de 5 à 7 étages. Les deux niveaux supplémentaires seront habillés de zinc gris, et poseront un problème de proportions par rapport à l'ensemble, qui perd peu à peu son aspect faubourien .

 

 

 

 

© N. Henry / Paris historique
 
 

26, rue Poussin (16e)

Troisième demande de surélévation depuis 2012, celle-ci a été accordée.

Le pétitionnaire souhaite désormais ajouter quatre niveaux (au lieu de deux), et le bâtiment va s'aligner en hauteur sur ses voisins.

Les volumes supplémentaires sont traités en bois, avec des volets coulissants, ce qui ajoutera à la disparité de ce côté de la rue.

© Dossier PASU
 

 

© Dossier PASU
 


 

1, allée Verhaeren (14e)

Ces parcelles, situées au cœur du quartier Saint-Jacques, sont notées au PLU comme un ensemble "maisons et villas". L'allée Verhaeren finit en impasse et présente d'un côté un alignement de bâtiments hauts, de l'autre une rangée de maisons de ville au style homogène placées en fond de jardin et adossées par paires.

Le n°1 de l'allée, qui date de 1855, se distingue des autres maisons du fait de son indépendance. La maison a déjà fait l'objet d'une extension par surélévation au début du 20e siècle, passant d'atelier d'artiste à logement au prix de quelques aménagements.

Plusieurs travaux affectent à nouveau le bâtiment, parmi lesquels une extension en façade arrière, une autre du sous-sol, une isolation thermique par l'extérieur et la reconstruction d'un garage en appentis.

Les façades latérales et côté cour nécessitent une restauration. Mais le parti pris stylistique nous paraît pour le moins abrupt vis-à-vis de l'existant.

 

 

© Dossier PASU
 


 

5, rue Richomme (18e)

Dites-le avec des fleurs...

Un nouveau bâtiment R+4 va être construit par la Foncière Logement, offrant des habitations aux salariés dont les employeurs cotisent au 1% patronal. Ces logements visent à attirer une population plus prospère dans les quartiers bénéficiant des aides de l'ANRV. La surface des appartements est environ 20% supérieure à celle proposée par les autres opérateurs sociaux. Cinq logements de type T3, tous traversants, se partagent l'espace (un appartement par étage).

On appréciera la richesse créative de l'architecte, qui avait déjà proposé exactement le même programme au n°21 de la rue.

On notera également la reprise d'un "motif" déjà utilisé par Edouard François dans sa Flower Tower à la porte d'Asnières: les pots de fleurs monumentaux qui coiffent le dernier niveau. Le manque d'imagination conduirait-il à la pâle copie ? Assez affligeant.

 

 

© Dossier PASU
 


 

5, rue Louis-Boilly (16e)

Curieuse surélévation que celle qui sera réalisée à cette adresse... La Commission du Vieux Paris avait examiné le dossier en 2014, et avait prononcé un vœu - levé depuis - en faveur de la préservation d'éléments intérieurs. Il n'en demeure pas moins que les niveaux supplémentaires réservés à ce bâtiment 19e siècle seront traités en zinc, mais le projet conservera les mansardes du 6e sur leur fond d’ardoise. Petit mille-feuilles de matériaux en perspective, il ne manquera plus que les tuiles, peut-être pour une future surélévation ?

 

 

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© Dossier PASU
 


 

2, rue Cavé/25, rue Stephenson (18e)

Depuis, la parcelle a accueilli un jardin nomade, des installations de street art et d'autres manifestations du même ordre peu appréciées du voisinage. L'immeuble dont le permis a été accordé en septembre dernier, qui sera construit par Sefri-Cime, sera bien dans son époque, mais moins dans son environnement.

 

 

Mise à jour par rapport au dernier bulletin

Plusieurs permis, qui n'étaient pas encore accordés par les services de la Ville lors de notre dernière publication, ont été autorisés depuis. Nous nous référons au numéro précédent pour leurs notices. Il s'agit des dossiers portant sur les adresses suivantes  :

- 18, cité Malesherbes 

- 18, rue Alibert/29-31B, rue Bichat 

- 3, impasse des Deux-Nèthes 

- 349, rue de Belleville/1, rue du Lé man 

- 130, rue de Bagnolet

- 57-57A, rue de Ménilmontant

- 10-18, rue de Belleville/18-26, rue Dé noyez