PARIS HISTORIQUE : PLUS DE 50 ANS DE SAUVEGARDE !


 

La carte interactive ci-dessous, créée à l'occasion des 50 ans du Paris historique, est un outil permettant de visualiser les grandes actions menées par l'association depuis sa création : en bleu les actions de chantier de restauration ; en rouge les démarches administratives . Cette carte comporte des marqueurs qui après avoir été sélectionnés ouvrent une fenêtre. Cette fenêtre renvoie à une notice de quelques lignes synthétisant l'action de l'association.

Château de Vincennes
© J.-C. Santerre, Paris historique, 2014.

 Château de Vincennes

Il s’agit d’une forteresse située sur la commune de Vincennes érigée du XIVe siècle au XVIIe siècle. C'est le plus vaste château-fort royal subsistant en France. Par la hauteur de son donjon, 50 mètres, il est l'une des plus hautes forteresses de plaine en Europe. 
Le château de Vincennes est aujourd'hui le siège du service historique de la Défense. Depuis le XIXe siècle, les alentours du château sont urbanisés, il ne reste de la forêt originelle que le bois dit de Vincennes.

Le pavillon de chasse, aménagé par Louis VII vers 1150, devient une résidence royale de villégiature en 1180 sous le règne de Philippe Auguste. Les travaux de construction et d’embellissement se poursuivent sous les Valois. François Ier fait réaménager le pavillon construit par Louis XI pour y résider lors de ses séjours dans la capitale.
Henri II transfère à Vincennes le siège de l’ordre de Saint-Michel. Le jeune Louis XIII est installé, après l’assassinat de son père Henri IV, dans l’ancien pavillon de Louis XI, et y passe une partie de sa jeunesse. Le château devient ainsi la troisième résidence royale. Louis Le Vau construit à la demande de Louis XIV les ailes du Roi et de la Reine, respectivement en 1658 et en 1661. 
Le Nôtre y exerce également en aménageant des jardins à la française et l’abord du bois de Vincennes, face à la nouvelle entrée sud marquée par une porte monumentale en arc de triomphe. Le donjon est aménagé en prison d’État pour les prisonniers de haute naissance. Sa capacité ne lui permet pas d’héberger plus de quatorze détenus. Le château est définitivement délaissé comme résidence royale lorsque le roi s’installe à Versailles.

Au XVIIIe siècle, il héberge la manufacture de Vincennes dédiée à la production de porcelaine, qui devient plus tard celle de Sèvres. Le donjon reste prison d’État. En 1796, le château est converti en arsenal, abritant depuis lors la section historique de l’Armée. Il est profondément remanié. Les restes du pavillon de chasse initial de Saint-Louis sont détruits. 
On construit de nouveaux bâtiments militaires toujours en place actuellement.

Château de Vincennes © Paris historique, 2003.

Couvent des Récollets
© R. David, Paris historique, 2000.

Couvent des Récollets

Les récollets, issus à la fin du XVe siècle d’une réforme de l’ordre des Franciscains, s’appelaient initialement « Frères mineurs de l’étroite observance de saint François ». Ils obtiennent d’Henri IV le 6 janvier 1604 la permission d’installer un monastère sur un terrain qui leur est donné, à deux pas de l’église Saint-Laurent.
Après avoir construit une petite église, ils l’agrandissent dans un premier temps. La première pierre de leur couvent ainsi que d’une plus grande église est posée par Marie de Médicis le 30 août 1614. La bibliothèque du couvent était très réputée.
Fermé en 1790, le couvent est transformé en 1802 en hospice des Incurables-Hommes. Puis, en 1861, après le transfert de ses pensionnaires à l’hospice des Incurables d’Ivry, il devient l’hôpital militaire Saint-Martin, qui prend en 1913 le nom de Jean-Antoine Villemin, médecin des armées, auteur de recherches sur la tuberculose.
La porte d’entrée monumentale de l’hôpital est encore visible au n° 8 de la rue des Récollets. Le jardin du couvent en a été séparé, il s’agit de l'actuel jardin Villemin.
La situation de cet hôpital près des gares du Nord et de l’Est lui vaut une grande activité durant les deux Guerres mondiales, et pendant celle d’Algérie. La vétusté de ses équipements entraîne sa fermeture définitive en 1968.
Les bâtiments qui subsistent de nos jours datent du XVIIIe siècle et portent les traces visibles de leur histoire. Les façades, les toitures, l’escalier intérieur avec sa rampe en fer forgé du XVIIIe siècle et la chapelle ont été inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 25 juillet 1974.
Après la fermeture de l’hôpital, le bâtiment héberge l’UP1 refondue dans l’actuelle École nationale supérieure d’architecture de Paris-Val de Seine.

De 1990 à 2002, le couvent est transformé en lieu artistique par les Anges des Récollets, dont certaines œuvres murales sont encore visibles. En 1992, il est détruit en partie par un incendie et en 1999 les lieux sont attribués à des artistes (rare exemple où des artistes squatters ont réussi à obtenir une autorisation). 
Mais ceux-ci n’obtiennent pas de réaliser le grand centre d’art alternatif (avec Gilles Deleuze, Félix Guattari et Jean-Pierre Faye) qu’ils souhaitaient.
Il faut attendre sa réhabilitation en 2003, par Thomas Corbasson et Karine Chartier, et l’installation en 2004 des locaux de l’ordre régional des architectes d’Île-de-France pour que le couvent reçoive à nouveau une affectation durable. L’ordre y crée la Maison de l’architecture, ce qui confère au lieu une place prépondérante dans la vie architecturale parisienne. Depuis 2003, le couvent est aussi un Centre international d’accueil et d’échanges, destiné aux artistes et aux écrivains étrangers confirmés.

Couvent des Récollets
© R. Liot,  Paris historique, 1970
Jardin de l'Hôpital Saint-Louis
© C. Buret, Paris historique, 2009.

Hôpital Saint-Louis

Ce magnifique bâtiment quadrilatère est construit en 1607 sur les instructions d’Henri IV afin d’accueillir une maladrerie pour les victimes de la peste. Il accueille pendant deux siècles des malades contagieux. Il est le premier hôpital éclairé au gaz. Un exceptionnel musée des moulages est installé à la fin du XIXe siècle. Un nouvel hôpital est construit dans les années 80.

Un projet de privatisation avec la réalisation d’une salle de conférences faisant disparaître le jardin intérieur est envisagé. Paris historique s’oppose vivement à ce projet. Le jardin intérieur est restauré pour être ouvert au public. Le quadrilatère, petite place Royale, est sauvé.

Jardin de l'Hôpital Saint-Louis
© C. Buret, Paris historique, 2009.

Cinéma Le Louxor © J.-C. Santerre, Paris historique, 2014.

Cinéma Le Louxor

Dessiné par l’architecte Henri-André Zipcy, le cinéma Le Louxor, de style néo-égyptien ouvre ses portes en 1921. 
En 1981, les façades et la toiture sont inscrites au titre des monuments historiques. Le Louxor fera office de boîte de nuit avant de fermer ses portes en 1987. Le bâtiment est racheté en 2003 par la Ville de Paris. C’est l’architecte Philippe Pumain qui est en charge de projet de réhabilitation. Le Louxor, rénové, a rouvert ses portes en avril 2013. Les décors originels sont désormais cachés sous des coffrages, sur lesquels on a repeint des copies ! De belles boîtes donc, qui, finalement, vont protéger les peintures anciennes…

Cinéma le Louxor © Paris historique, 1994.

Eglise Notre-Dame-d'Espérance
© Paris historique, 2005.

Eglise Notre-Dame-d'Espérance

Erigée entre 1928 et 1930 sur les plans de Julien Barbier, au cœur du faubourg Saint-Antoine, rue de la Roquette, l’église est détruite en 1993. Paris historique malgré de nombreux appels et protestations n’a pu empêcher cette démolition, acte gratuit de vandalisme.
Démolition déplorable, car sans être un édifice spectaculaire ni un modèle d’architecture, l’église est en fait une œuvre d’art émouvante où les nouveaux matériaux de construction faisait apparaître un travail original identique à celui des anciens bâtisseurs et édifiés par les ouvriers du faubourg de l’époque.
Le curé de la paroisse, que Paris historique a rencontré à l'époque, justifie cette démolition par la construction de logements sociaux pour des personnes en difficulté. Il est encore aujourd’hui impossible de vérifier la réalité de cette affirmation, et de nombreux locaux commerciaux sont quant à eux bien évidents. 

La nouvelle église quant à elle, confirme la gentrification de ce quartier à l’époque en pleine mutation.
La démolition de cette église a été définitivement gravée sur les premiers plans d’un film resté célèbre et sorti en 1996, Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch.


Eglise Notre-Dame-d'Espérance
© J.-C. Santerre, Paris historique, 2009.


Maison des Métallos © J.-C. Santerre, Paris historique, 2009.

Maison des Métallos

Cet ensemble de bâtiments industriels datant de la fin du XIXe est l’un des témoins de l’activité industrielle du 11e arrondissement. Menacé d’être détruit dans le cadre d’une promotion immobilière, il est racheté par la Ville de Paris pour y installer un centre culturel. Paris historique aide le Comité Métallos à établir un inventaire des anciens bâtiments industriels du XIe arrondissement.


Maison des Métallos © J.-C. Santerre, Paris historique, 2009.


22, rue Basfroi
© J.-C. Santerre, Paris historique, 2009.
22, rue Basfroi

Cette maison construite sous le règne d’Henri IV présente une histoire sous l’emprise d’une menace constante. Alors que ses origines, datant de l'époque Hanri IV, sont découvertes en 2006, cette maison du faubourg Saint-Antoine fait l’objet d’un plan de sauvegarde mis en place par le Comité de sauvegarde du 22 Basfroi et Paris historique (site internet, pétitions…). 
Alors même que fin 2006 le projet de sauvegarde de la maison est voté par le conseil municipal du XIe et celui de Paris, certains élus du XIe font néanmoins connaître leur intention de déclasser la parcelle pour mieux détruire la maison. Dès lors, une nouvelle mobilisation se met en place qui, assurément, se solde par une seconde victoire. 
En 2011 une énième polémique voit le jour, l’idée de démolition dans le cadre d’un projet immobilier est votée. Paris historique réussit à maintenir la maison en place ainsi que son escalier et son puits. Même si la maison est sauvegardée sa façade sera totalement ravalée et ses intérieurs rénovés. Elle perdra toute son âme.




93-95 rue de Montreuil © J.-C. Santerre, Paris historique, 2009

93-95, rue de Montreuil 

Cet ensemble d’immeubles construit en 1856 en 6 mois est l'exemple même de l’architecture parisienne dite "de cour industrielle". Paris historique attire l’attention sur l’importance de préserver cette trace architecturale et propose systématiquement une mise en valeur de ces immeubles, encore très présent sur le territoire parisien.


mposte émaillée, 93-95 rue de Montreuil
© J.-C. Santerre, Paris historique, 2010.

47, rue du Faubourg Saint-Antoine
© M.-C. Magonthier, Paris historique, 2012.

Faubourg Saint-Antoine

En 1993, Civitas Nostras (Fédération européenne d’associations de quartiers anciens) et Paris historique organisent une exposition sur le faubourg Saint-Antoine, qui se solde un an plus tard, par le vote d’un premier texte destiné à préserver le paysage urbain et architectural du quartier. Le projet est constitué de quatre grandes lignes :
– préserver la qualité du paysage et l’organisation des tissus urbains,
– renforcer l’action en faveur du patrimoine,
– mettre en œuvre une opération programmée d’amélioration de l’habitat et un réaménagement de l’espace public.
Une périmètre est défini : il débute à la mairie du 11e, puis suit le boulevard Voltaire jusqu’à la rue de Charonne. Il tourne ensuite à droite jusqu’à la rue Faidherbe qu’il suit jusqu’à l’hôpital Saint-Antoine. De l’autre côté de la mairie du 11e, il gagne par la rue Sedaine, le boulevard Richard Lenoir puis la place de la Bastille. On ferme le circuit en suivant alors dans le 12e arrondissement, la rue de Charenton puis la rue de Cîteaux jusqu’à la rue du faubourg Saint-Antoine et l’hôpital.


27, rue du Faubourg Saint-Antoine
© J.-C. Santerre, Paris historique, 2009.


Le zoo de Vincennes © M.-C. Magonthier, Association Paris historique, 2014.

Zoo de Vincennes

C'est un haut lieu de l’architecture des parcs zoologiques des années 1930 en Europe. 
Il est l’œuvre de Charles Letrosne. L’originalité du concept consiste dans la rupture avec le procédé d’enfermement des animaux dans des cages et espaces exigus et en la création d’une série des roches artificielles en béton formant à la fois des loges et des refuges entourés de fossés. 
C’est en sculptant le béton que Letrosne a permis au zoo de Vincennes de voir le jour. 
A l'occasion de sa rénovation toute récente, différents projets ont été proposés dont l’un, celui de M. Beckman, est soutenu par Paris historique
Un autre projet est retenu, il prend une forme tout autre avec un coût et un temps de travaux moindre afin de tirer le plus de bénéfices possible. 
La célèbre ménagerie est, dans ce projet, vouée à la destruction. 
Outre cet acte de vandalisme, Paris historique met en garde contre le coût des entrées et restaurants qui privilégient les visiteurs aisés au détriment des familles plus modestes.

 


Le zoo de Vincennes
© M.-C. Magonthier, Paris historique, 2014.


Escalier BNF site Richelieu © Paris historique.

Escalier BNF site Richelieu

L’escalier d’honneur du site de la Bibliothèque nationale de France rue Vivienne construit fin XIXe fait l’objet en 2009 d’un projet de démolition. 
Cet escalier inscrit au titre des monuments historiques en 1987 passe du statut d’œuvre remarquable à celui de simple escalier devenu gênant ! La démolition prévue en 2013 n’est toujours pas exécutée faute de moyens ! 
Paris historique convaincu de sa valeur organise en juillet 2010 un colloque « BNF Richelieu : un projet en questions » faisant valoir sa nécessaire conservation.


Cour du site BNF-Richelieu © A. Bedeau, Paris historique, 2013

Halle Freyssinet © M.-C. Lhommet, Paris historique, 2011.

Halle Freyssinet

Construit en 1927 ce bâtiment, long de 310 mètres, abrite les messageries de la gare d’Austerlitz jusqu’en 2006 et porte le nom de celui qui l’a construit, Eugène Freyssinet. 
Abandonné pendant 5 ans, il supporte de nombreuses dégradations. Un projet visant à détruire une partie de la halle voit le jour.
Paris historique organise alors une exposition à son siège pour sensibiliser à sa sauvegarde, ainsi qu’une table ronde, en partenariat avec lma société Cimbéton, dans la halle même en présence de nombreux architectes dont Rudy Ricciotti, architecte du MuCEM à Marseille. 
Plus de 500 personnes y sont présentes. Par ce biais, et sur le fil, la halle est sauvée et inscrite au titre des monuments historiques. Etonnamment, Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, en demande en 2012 le déclassement !

Aujourd’hui un nouveau projet de « vitrine internationale du numérique », voulu par le gouvernement, fera de la halle l’espace approprié et incontournable, comme si jamais il n’avait été question d’en détruire une grande partie !


Halle Freyssinet © M.-C. Lhommet, Paris historique, 2011.
BNF François Mitterrand
©  Paris historique, 1994.

Le 13e arrondissement

Le 13e arrondissement est au cœur d’une énorme opération d’aménagement avec notamment l’implantation de la Grande Bibliothèque de France en 1994. 
Toutes ces opérations présentent une telle complexité que beaucoup d’associations, dont Paris historique, reprochent à la Ville de Paris de ne pas avoir eu recours systématiquement à la concertation.
Grâce à la pression des associations, le climat s’est sensiblement amélioré et la plupart des opérations ont pu être menées dans la sérénité. Des bâtiments sont sauvés : la halle Freyssinet, les Frigos, les Grands-Moulins de Paris, la halle aux farines, l’usine de la SUDAC.
Des doutes, toutefois, subsistent sur les aménagements aux abords mêmes de la gare d’Austerlitz et de son remarquable buffet, qui a été sauvagement sacrifié pour créer une esplanade surplombant une cour destinée aux taxis ! Buffet détruit par la décision de ceux-là mêmes qui voulaient également raser la halle Freyssinet.


BNF François Mitterrand
©  Paris historique, 1994.

Ferme Montsouris © Pascaud/Prokhoroff, Paris historique, 2012.

La ferme Montsouris

Cette propriété du faubourg Saint-Jacques est caractéristique des établissements agricoles de ville que l’on appelle fermes de nourrisseur ou vacheries. Ne jouissant pas de pâturage, son fourrage vient de la banlieue, afin de nourrir les bêtes à l’étable et de proposer du lait frais aux Parisiens.
Cet ensemble immobilier est menacé par un projet de promoteur qui ne tient pas du tout compte de tous ces éléments de patrimoine. Un collectif, soutenu par Paris historique, dont l’objet est la préservation du bâti, du sol et du tréfonds des parcelles a été créé dans les années 90. Ce collectif a en outre la vocation d’assurer la continuité de l’œuvre sociale et culturelle initialement entreprise par l’abbé Keller, ancien propriétaire des lieux.
Ce site est composé de plusieurs éléments dont les caractères historique, archéologique, architectural et sociologique ne sont plus à démontrer.
- La Ferme de Montsouris 
Elle conserve son ancien cellier voûté en cintre surbaissé, aux proportions étonnantes. La présence de la Pendule à Salomon, tant sur la charpente de la ferme que sur celle de la maison de rapport sur rue, indique qu’il s’agit d’une œuvre de compagnons.
- La carrière du chemin de Port-Mahon ou des Hospitaliers de Saint Jean. 
Elle est la dernière carrière médiévale qui nous soit parvenue intacte. Menacé par le béton, ce monument historique est pourtant l’ultime chance qu’ont les Parisiens de pouvoir conserver en l’état, une exploitation de pierre à bâtir.
Les puits de béton (de 60 cm à 1m20 de largeur), que le promoteur aimerait voir perforer la carrière afin de fonder les immeubles neufs prévus, posent un problème technique aux répercussions encore inconnues. Les services de l’Inspection générale des carrières n’ont même pas été consultés, en tant qu'experts.
- L’aqueduc gallo-romain 
Il a été mis au jour dans le sol de la cour de la ferme lors de fouilles en mai 1992. 
Cet aqueduc qui apportait l’eau aux thermes de Cluny est classé au titre des monuments historiques. 
Le projet immobilier ne tient aucun compte de sa présence. Un immeuble de 5 étages est prévu à son emplacement. 
- Le pavillon Troubadour
Sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), le style néo-gothique ou Troubadour n’a laissé que de rares exemples dans les faubourgs. De cette époque, le charmant petit pavillon du 15 villa Saint-Jacques, avec son architecture symétrique, son perron, son chambranle de fenêtres, ses pilastres, ses hauts-reliefs figurant deux couples dont l’un s’observe et l’autre s’ignore, son profil du roi François Ier sur les ferronneries, est une fantaisie unique évoquant de manière romantique la Renaissance. La Commission du Vieux Paris a souligné, en 1999, "son originalité architecturale" et a souhaité qu’il soit conservé. 

Ferme Montsouris © Pascaud/Prokhoroff, Paris historique, 2012.

Maison du Fontainier © Paris historique, 2007.


La Maison du Fontainier

La maison du Fontainier est le dernier et vingt-septième regard de l’aqueduc Médicis, il n’est cependant pas l’unique dans Paris. Les regards sont des édifices construits sur le tracé de l’aqueduc dans lesquels débouche un escalier qui facilite les visites techniques de la galerie. Ils permettent également l’aération constante du système d’alimentation. Ils sont constitués d’une partie extérieure, l’édicule, et d’une partie souterraine, la chambre. Le système d’aération comprend un puits reliant le bassin à l’extérieur.Selon les limites de Paris après 1860, on comptait à l’origine sept regards parisiens ; du regard XXI au regard XXVII. Deux de ces regards furent totalement détruit au XIXe siècle : le regard XXII et le regard XXIV. Deux ont été détruits en surface mais existent toujours en sous-sol le regard XXI et le regard XXIII (dont l’édicule a ét&eacute reconstruit dans les années 2000) Paris historique mène, depuis 1995, une campagne continue de restauration et de mise en valeur de cet édifice emblématique de l'ancien système d'alimentation en eau de Paris avant Belgrand et Hausmann.

 

Destruction des aqueducs de la ZAC Alésia-Montsouris
© Paris historique, 2001.

 ZAC Alésia-Montsouris

De même, les carrières de calcaire sous-jacentes, qui comportent des inscriptions et plaques toponymiques vieilles de plusieurs siècles n’ont été, quant à elles, envisagées que sous l’angle d’une contrainte de construction à éliminer. Plus de 15 associations de défense du patrimoine et de riverains, menées par Paris historique multiplient les plaintes, les recours et les demandes de classement (l’aqueduc Médicis étant déjà classé sur la partie de son tracé comprise entre Rungis et Paris). Rien n’y fait En 1996, les carrières sont injectées de béton et remblayées. La SADM (filiale de la RATP), avec l’autorisation du ministère de la Culture, attaque les aqueducs à coups de pelleteuse. Le ministre de l’époque refuse les mesures de classement demandées ! Seuls quelques conseillers de Paris dénoncent ces malversationsEn 1997 et fin mars 2002, deux nouvelles ministres de la Culture nient honteusement, chacune à leur tour, la pérennité qui revient de droit à ces aqueducs en refusant leur classement.Jamais ces ouvrages publics – théoriquement inaliénables – n’ont fait l’objet d’un permis de démolir, alors que de nombreuses possibilités de conservation existent. Des 300 mètres de chacun des aqueducs présents sur la zac, il n’en reste pas le quart ; quelques morceaux, çà et là, ensevelis ou mal intégrés dans des immeubles sont voués à l’oubli. Seul le petit square paysagé avec ses dos d’ânes à l’endroit où les aqueducs le traversent, témoigne encore de ce qui fut et de l’héritage historique dont un aménageur et des pouvoirs publics sans scrupule nous ont sciemment privés.

Destruction des aqueducs de la ZAC Alésia-Montsouris
©  Paris historique, 2001.

Hôpital Necker © C. Buret, Paris historique, 2006.

Hôpital Necker


Composé de bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles, le site est visé par un projet de réaménagement afin de mieux valoriser les secteurs de l’hôpital reconnu mondialement pour ses services de pédiatrie. 
Lorsque le projet de réaménagement est dévoilé, de vives protestations s’élèvent de la part des élus, du Paris historique et des riverains. Une réunion est alors décidée afin de retoucher les points sensibles, mais au terme de cette dernière le projet prévoit de détruire l’hôtel particulier ainsi que les bâtiments du XIXe siècle.
En 2007 le permis de démolition n’est toujours pas attribué. Paris historique comprend évidemment l’intérêt de rénover les services, mais rejette l’idée facile que cela soit fait au dépend du patrimoine parisien, d’autres options étant assurément possibles. 
L’association est à l’époque peu (ou en catimini !) soutenue par les politiques ne voulant pas, pour leur image, « s’attaquer » à l’Hôpital, et pose un recours en référé gagné devant le tribunal administratif et « bizarrement » rejeté par le Conseil d’Etat en cassation. 
Le carrefour Duroc est dénaturé par le bâtiment réalisé.

 
Au carrefour Duroc © C. Buret, Paris historique, 2006.

Piscine Molitor © Paris historique, 1989.

La piscine Molitor

Il s’agit d’un complexe nautique jouxtant le bois de Boulogne, entre le stade Roland-Garros et le parc des Princes, dans le 16e arrondissement. Elle est inaugurée en 1929 par les nageurs médaillés olympiques Aileen Riggin Soule et Johnny Weissmuller. La piscine est restée célèbre pour sa décoration Art déco et quelques événements comme la première apparition du bikini après 1945. Surnommée « le paquebot blanc », elle ferme en 1989.
Inscrite au titre des monuments historiques le 27 mars 1990, sa réouverture était prévue pour 2014. Elle est démolie courant 2012 pour laisser place à un ensemble immobilier intégrant quelques éléments de façade.
C’est l’architecte Lucien Pollet qui dessine la piscine Molitor, ainsi que trois autres complexes nautiques. C’est ainsi en 1929 que la société « Les Belles Piscines de France » construit les « Piscines Auteuil-Molitor » à la porte Molitor.
L’établissement nautique nommé « Auteuil-Molitor » est le seul bâtiment de ce type, comportant deux bassins, et dessiné par l’architecte. Il s’inspire des constructions de Robert Mallet-Stevens. Lucien Pollet fait intervenir les meilleurs artisans de l’époque, tel le maître-verrier Louis Barillet pour les vitraux qui ornent l’entrée du bassin d’été et la grande verrière. Dans un quartier à forte vocation sportive, cet établissement trouve naturellement sa place à côté du Parc des Princes, du stade Jean-Bouin et du complexe stade Roland-Garros, ainsi que de quatre établissements scolaires.
La piscine est composée de deux bassins :
un bassin couvert de 33 mètres, entouré de 2 galeries de cabines,
un bassin à l’air libre de 50 mètres qui, chaque hiver, se transformait en la plus grande patinoire de Paris ; cela jusqu’à la fin des années 1970. Il est entouré de trois niveaux de cabines.
L’édifice comporte aussi une salle de culture physique.
La particularité de la piscine Molitor réside dans l’association d’une piscine couverte, plutôt traditionnelle pour l’époque, et d’un bassin olympique à l’air libre entouré de trois étages de cabines bleues et de balustrades blanches. C’est un vestige des années 1930, ressemblant non innocemment aux paquebots (à cause des fenêtres hublots), très à la mode de l’époque.

La piscine Molitor était plus qu’une piscine. Son ingénieur-constructeur, Lucien Pollet, la baptise d’ailleurs « Les Grands Établissements balnéaires d’Auteuil », soulignant ainsi la vocation sportive, de bien-être et de loisirs des lieux. Le bassin d’été en est l’illustration : il était à l’origine bordé de plages de sable et entouré de trois niveaux de cabines avec coursives, elles-mêmes bordées par une « lisse normande », comme cela était l’usage de l’époque.
En 1989, un projet immobilier est proposé à la ville de Paris. Le projet prévoit la destruction de la piscine d’hiver et la reconstruction de la piscine d’été au sein d’un complexe hôtelier ainsi que la construction d’un parc de stationnement. Le 31 août 1989, la piscine est fermée définitivement. La façade et les principales entrées sont murées le lendemain. Fermée et menacée de destruction durant l’été 1989, les habitués de la piscine et du quartier réagissent en fondant l’association « SOS Molitor », soutenue par Paris historique. Ils obtiennent gain de cause : l’ensemble du bâtiment des piscines Molitor est inscrit au titre des monuments historiques dans sa totalité, par arrêté du 27 mars 1990. Ainsi est définitivement protégé un des plus importants ensembles de l’architecture parisienne des années 1930, du style Steam Liner (style « paquebot »). Les travaux sont arrêtés.
Exposée aux intempéries, la piscine subit alors de nombreux dégâts. Les murs tombent en ruine, le fond du bassin d’été s’est lézardé, les peintures des cabines et des balustres ont disparu. Plusieurs pillages ont été effectués, sans doute pour ses nombreux objets et décors Art déco.
Différents projets immobiliers proposés par la suite ont été arrêtés par le ministère de la Culture, émettant définitivement le 5 août 2000 un avis défavorable au projet de permis de construire qui avait été émis par la Ville de Paris. La piscine maintenant fermée depuis près de vingt ans voit l’espoir de nombreux défenseurs qu’une rénovation à l’identique ait lieu. En 1994 à l’association "Piscines Molitor" s’est fixée pour but d’obtenir la réhabilitation et la réouverture des piscines Molitor en sauvegardant l’esprit de l’architecte Lucien Pollet. Face à la ville de Paris, l’association a entamé plusieurs actions devant le tribunal administratif de Paris.
En Octobre 2008, la mairie de Paris annonce avoir retenu le projet du groupement Colony Capital-Accor-Bouygues pour la rénovation complète du lieu. Le bail emphytéotique, d’une durée de 54 ans, est fourni dès novembre 2008. Le projet prévoit, outre les bassins d’hiver et d’été, un hôtel 4 étoiles de 98 chambres et un centre de santé active (sauna, hammam, musculation, balnéothérapie), un centre médical, des commerces, deux restaurants et un parking de 70 places. L’investissement initial est évalué à 64,8 millions d’euros. Les travaux commencent fin 2011, la "nouvelle" piscine est rouverte en 2014.
Malgré son inscription au titre des monuments historiques, l’ensemble de la piscine est détruit en 2012, à l’exception d’une partie de la façade et de certains éléments de décor, qui serviront d’inspiration au futur bâtiment. Paris historique, par la voix de l’historien de l’architecture Jean-François Cabestan, considère que ce programme de reconstruction défigure l’œuvre de Lucien Pollet, il s'agit d'une imposture.

Piscine Molitor © Association Paris historique, 1994.

Hôtel Reichenbach © Association Paris historique, 2009.

L’hôtel Reichenbach

L’hôtel Reichenbach dans le XVIe arrondissement, fleuron de l’Art Déco a été construit par l’architecte Jean-Charles Moreux et détruit dans la plus profonde ignorance en 2009. Toute une partie de son mobilier est conservée au Musée des arts décoratifs.
Malgré l’intervention de Paris historique et de la Commission du Vieux Paris et plusieurs articles de presse qui ont dénoncé cet acte de vandalisme, malgré également l’action d’une association locale de défense du patrimoine qui a lancé un recours gracieux, non suspensif, le ministre de la Culture n’a pas levé le petit doigt pour le sauver. Il disposait pourtant de tout l’arsenal législatif nécessaire. 
Victime d’un incendie, les intérieurs avaient été très dégradés. L’hôtel racheté par le roi d’Arabie Saoudite, a été démoli pour en construire un autre, et ce, malgré la proposition d’une restauration attentive et d’une complète remise en état de l’ensemble, faite par la Commission du Vieux Paris. 
Quoi qu’il en soit, Christine Albanel, ministre de la Culture de l’époque, porte une lourde responsabilité dans ce scandale ! Cette ministre, durant son court mandat, aura été coutumière de telles lourdes fautes, comme la restauration de l'hôtel Lambert. L’a-t-on licenciée pour autant ?

Hôtel Reichenbach © Paris historique, 2009.

Mascaron du Jardin des Serres d'Auteuil
© M.-C. Magonthier, Paris historique, 2014.

Les Serres d'Auteuil

En 1761, Louis XV fait construire un jardin décoré comportant des serres et de parterres de fleurs. 
L’architecte en chef du service des Promenades et Plantations de la Ville de Paris, Jean Camille Formigé, est chargé par la ville de Paris de créer un lieu de production horticole. La construction dure de 1895 à 1898. On peut y voir une fontaine ornée du haut-relief en pierre de la Bacchanale de Jules Dalou. Le mur de soutènement des terrasses est orné de 14 mascarons en fonte galvanisée d’Auguste Rodin, fondus d’après les modèles commandés en 1878 par Davioud pour la fontaine en cascade du palais du Trocadéro. 
Le Jardin des serres d’Auteuil est aujourd’hui un jardin botanique situé dans le bois de Boulogne. 
Il est un des quatre pôles du Jardin botanique de la Ville de Paris avec le Parc de Bagatelle dans le Bois de Boulogne, le Parc floral de Paris et l’Arboretum de l’école du Breuil dans le Bois de Vincennes. L’ensemble est inscrit au titre des monuments historiques en 1998. 
Le jardin est organisé autour d’un vaste parterre à la française. Les cinq serres principales (la grande serre, les serres Est et Ouest, la serre aux palmiers et celle aux azalées) donnent sur cet espace central. Elles sont réalisées dans le style 1900 qu’on avait pu voir s’exprimer aux serres de Laeken ou au jardin d’hiver des Champs-Élysées.
Les armatures de fonte dessinent d’harmonieux vaisseaux en ogive. La grande serre est un véritable morceau de bravoure technique, puisque sa nef est divisée en trois espaces climatiques différents : un jardin tropical, chaud et humide, une palmeraie, plus sèche et enfin une orangerie, un peu moins chaude. En retrait, coupée du parterre par la grande serre, se trouve une seconde orangerie, plus traditionnelle, en meulière et en briques qui abrite les plantes en caisses qui décorent le jardin en été.
Un projet de la Mairie de Paris et de la Fédération française de tennis (FFT) vise à créer un stade de 5000 places, notamment au détriment des serres chaudes, afin de conserver le tournoi de Roland-Garros sur le territoire de Paris. Est-ce vraiment le seul argument ?
Une forte opposition au projet a vu le jour, notamment par une pétition qui a recueilli plus de 80 000 signatures. En 2012 le projet à été suspendu par le tribunal administratif. La polémique est toujours d’actualité et de nombreuses associations de patrimoine, y compris internationales, dont Paris historique, demeurent vigilantes en proposant des contreprojets.

Serres d'Auteuil © M.-C. Magonthier, Paris historique, 2014.

Marché secrétan © Paris historique, 1977.

Le marché secrétan

Alors qu’un projet aété mis en place afin de détruire le marché et le remplacer par des logements sociaux la mairie de Paris change son fusil d’épaule. Comme pour le Carreau du temple un projet de rénovation voit le jour. 
Paris historique se mobilise afin que soit sauvegardé ce marché et qu’une mise en valeur de ce dernier soit effectuée.

Marché secrétan © A. Bedeau, Paris historique, 2010.
Pyramide du Louvre © A. Bedeau, Paris historique, 2010.

Pyramide du Louvre, cour Napoléon

En 1981, le président de la République décide de faire du Louvre « le plus grand musée du monde ». 
La pyramide de la cour Napoléon en est le résultat. Lors de sa construction l’association est sollicitée afin de veiller au bon déroulement des travaux. 
Paris historique, d’abord inquiet, décide de rencontrer les responsables de la direction des travaux neufs du Grand-Louvre.
Cette entrevue s’avère tout à fait positive, puisqu’elle permet à notre association de changer de position. Le résultat est incontestable ; cette pyramide qui fit et continue à faire couler de l’encre a désormais toute sa place dans le paysage et le patrimoine parisiens.

Pyramide du Louvre © A.-M. Cordero-Tabone, Paris historique, 2011.

Place du Marché Saint-Honoré © A. Bedeau, Paris historique, 2015.

Le marché Saint-Honoré

Alors que depuis 1960 trône au centre de la place du marché Saint-Honoré une énorme bâtisse en béton, un projet de réaménagement de la ci-nommée place voit le jour en 1988. 
C’est un architecte « postmoderne » qui est chargé du projet. Paris historique condamne ce projet qui contraste avec l’architecture de la place Vendôme. L’association a tenté une démarche auprès de l’architecte, lequel répondit (sèchement) que le projet a été validé par l’architecte des Bâtiments de France ainsi que par le directeur régional de l’Architecture et de l’Environnement. Le nouvel édifice voit le jour malgré les multiples appels de notre association.

Place du Marché Saint-Honoré © A. Bedeau, Paris historique, 2015
Fouilles de la muraille des Fossés Jaunes à l'Orangerie
©  Paris historique, 2004.

La muraille des Fossés Jaunes

En 1566, du fait des Guerres de religion, de la proximité de la frontière (à 150 km au Nord) et des progrès de l’artillerie, on commence à améliorer la défense de Paris du côté ouest, en construisant une ligne de six bastions un kilomètre en avant de l’enceinte de Charles V, incorporant à Paris les Tuileries, les faubourgs Saint-Honoré et Montmartre, et la Butte-aux-Gravois. 
Le tracé du glacis de ce front bastionné se retrouve aujourd’hui avec les actuels place de la Concorde, rue Royale, boulevards de la Madeleine, des Capucines, des Italiens, Montmartre et Poissonnière. 
Cette enceinte est également appelée "enceinte des Fossés jaunes" (d’après la couleur du limon visible après les terrassements). 
En août 2004 est découvert, lors de discrets (!) travaux de terrassement sous le musée de l’Orangerie, un mur de fortification en calcaire jaune. Le mur découvert a pu être identifié comme étant la façade gauche du premier bastion de cette troisième enceinte de Paris. Paris historique réagit immédiatement en faisant une demande au ministère de la Culture, à l’origine de ce vandalisme, pour que le site archéologique soit préservé et mis en valeur. Une conservation in situ est proposée. 
Après deux ans de travaux, le musée rouvre en 2006. Malheureusement le vestige, très mutilé, est honteusement mis en valeur.

Fouilles de la muraille des Fossés Jaunes à l'Orangerie
© Paris historique, 2004.


Folie Carré de Baudoin © D. Viala, Paris historique, 2006.

La folie du Carré Baudoin

C’est en 1770 que Nicolas Carré de Baudouin hérita de cette folie située à l’angle des rues de Ménilmontant et des Pyrénées. 
Les sœurs de la charité de Saint-Vincent de Paul prendront possession des lieux en 1836. Elles y font construire un autre immeuble pour accueillir l’asile des Petits-Orphelins. En 1992, les religieuses ont souhaité vendre la propriété. A la demande de la mairie du 20e, pour qui il était essentiel de sauvegarder cette folie du XVIIIe siècle, la ville de Paris acquiert la propriété en 2003. 
Après une réhabilitation, soutenue par Paris historique, le pavillon ouvre ses portes au public en 2007 et propose aujourd’hui dans les espaces réaménagés, des expositions gratuites de tous les métiers d’art. 

Folie Carré de Baudoin © D. Viala, Paris historique, 2006.

Ensemble immobilier des Hauts-de-Belleville
© A. Bedeau, Paris historique, 2012.

La villa des Hauts de Belleville à Ménilmontant

A la suite d’un événement tragique qui est celui de l’exécution par les communards de 49 otages dont 6 ecclésiastiques, les Jésuites organisent, dès 1872, différents projets d’actions sociales. En 1920 un des premiers édifices en béton est construit fondant ainsi les bases de l’habitat communautaire.
C’est en 1951 que le projet prend une réelle forme avec la création d’un ensemble d’immeubles en béton permettant simultanément la construction de logements, de salles de sports et de culture. Un jardin d’enfants voit aussi le jour. 
Paris historique met toute son énergie afin de préserver au mieux et de mettre en valeur cet ensemble qu’est la villa des Hauts-de-Belleville

Ensemble immobilier des Hauts-de-Belleville
© A. Bedeau, Paris historique, 2012.
Tour Jean-Sans-Peur © P. Ponty, Paris historique, 1970.

Le quartier Montorgueil-Saint-Denis

Au sud du 2e arrondissement se trouve le quartier de Montorgeuil-Saint-Denis où abondent les maisons de qualités. 
Ce secteur comprend la rue Saint-Denis qui fut par le passé voie romaine puis voie « royale » lorsque les souverains la parcouraient souverainement. Elle est par ailleurs le parcours protocolaire des dépouilles de nos rois, lorsqu'ils étaient inhumés à la basilique de Saint-Denis. En 1990, un projet consiste à rendre piétonnier ce quartier. 
La même année, Paris historique demande l’instauration d’une zone de protection de ce quartier afin de protéger les 279 maisons anciennes, dont les cours et les escaliers sont superbes. Cette suggestion est repoussée par la mairie mais l’association n’abandonne pas et porte son projet devant le ministre chargé de l’urbanisme qui accepte finalement.

Tour Jean-Sans-Peur © Paris historique, 2005.

15, rue des Jeûneurs, quartier du Sentier
© C. Buret, Paris historique, 2015.

Quartier du Sentier 

Ne correspondant à aucune limite administrative il est important de savoir que ce quartier connu de nos jours en tant que haut lieu du prêt-à-porter se situe entre les boulevards Poissonnière, Bonne-Nouvelle, Saint-Denis et Sébastopol, les rues Réaumur et Notre-Dame des Victoires.
Le quartier du Sentier qui commence son urbanisation avec l’enceinte de Charles V au XIVe siècle est avant tout l’archétype du quartier Parisien changeant et évoluant en même temps que la Ville. Devenu un temps le « royaume de la fringue », les bâtiments historiques disparaissent au profit des magasins. 
Paris historique met en place une politique de sensibilisation face à la destruction de ce quartier historique ainsi qu’une mise en valeur de ce dernier. Le bâti est désormais mieux respecté. 

15, rue des Jeûneurs, quartier du Sentier
© C. Buret, Paris historique, 2015.

Carreau du Temple © C.Buret, Paris historique, 2006.

Carreau du Temple

L’enclos du Temple, véritable ville construite en dehors de l’enceinte de Philippe Auguste, est ceint d’un mur crénelé dont le tracé suit approximativement les rues de Bretagne et de Picardie obliquant ensuite entre les rues de la Corderie et Béranger. L’entrée principale se trouve face à la rue des Fontaines du Temple. Un plan dressé par M.-F. Hoffbauer est plaqué sur un immeuble à l’angle les rues Dupetit-Thouars et Eugène Spuller. 
Les bâtiments sont détruits au cours des cinquante années qui suivent la Révolution. Napoléon Ier fait abattre en 1808 la grosse tour appelée donjon, devenue lieu de pèlerinage royaliste; son tracé est encore visible sur la chaussée devant la façade de la mairie. Dernier en date, le palais du Grand Prieur, démoli en 1853, cède la place au square du Temple.
La partie nord-est de l’enclos est occupée par la rotonde, construite dans les dernières années de l’ancien régime. L'église et cimetière disparaissent en 1796, et un marché est édifié par l’architecte Molinos à partir de 1808 ; il se compose de quatre pavillons en bois, respectivement dédiés aux articles de mode et frivolités, au cuir, au linge de maison et aux ferrailles et friperie, ce dernier dénommé Pou volant. Il a été très honorablement restauré et transformé en tre culturel polyvalent.

Carreau du Temple © C. Buret, Paris historique, 2011.

Au premier étage, l'ancienne chambre de Madame de Villers est embellie d'un plafond à voussures exécuté en 1670. Tout autour, quatre tableaux symbolisent les Saisons et quatre médaillons en camaïeu bleu les Eléments
© Association Paris historique, 1963.

Hôtel de Vigny

Malgré les recherches, menées par la sous-direction du Patrimoine qui l’a occupé jusqu’en 2008, l’histoire de cet hôtel reste incertaine.
Il est établi qu’il fut construit, comme l’hôtel de Canillac, par Jean Thiriot, en 1618-1620 pour Charles Margonne, receveur des Finances, et remodelé vers 1642-43 pour Jacques Bordier, intendant des Finances. Vers 1665, la nouvelle propriétaire Anne de Villiers le fait remanier et redécorer probablement par François le Vau, frère de l’architecte du roi. C’est de cette époque que datent les pilastres ioniques de la façade.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’hôtel est connu sous le nom de Jacques Olivier de Vigny, conseiller du roi, dont on sait peu de chose.
L’étage noble des bâtiments sur cour a malheureusement été surélevé d’un niveau. L’élément le plus marquant du corps de logis est l’élégant portique qui en orne le centre : quatre pilastres ioniques à pendeloques séparent des baies cintrées et soutiennent un entablement denticulé. Sur l’aile gauche, des pans de mur en brique apparaissent, çà et là, trouvés sous l’enduit. Une des arcades de cette aile ouvre sur le grand escalier à deux volées droites dont la rampe, chef-d’œuvre de ferronnerie du milieu du XVIIe siècle, est l’un des premiers exemples dans le Marais, avec un départ qui prend la forme d’une gaine de section carrée.
L’aile droite était à pan de bois qu’il a fallu revêtir d’un crépi. Elle abrite un escalier de service à rampe hélicoïdale en fer forgé. La façade sur ce qui reste du jardin, jadis immense, ne diffère guère de celle sur cour ; elle est flanquée de deux pavillons.

Au rez-de-chaussée, dans l’aile droite et le grand salon, on trouve un plafond à la française à poutres et solives peintes d’époque Louis XIII d’excellente facture. À l’étage, subsiste un magnifique plafond peint et sculpté, plus tardif (1669), d’une composition raffinée, qui unit les bas-reliefs de stuc, les délicates peintures de Nicolas Loir et les petits médaillons de Jacques Gervaise. Ce plafond carré, l’une des rares œuvres de Loir qui nous soit parvenue, s’orne aux angles de figures à mi-corps en stuc, toutes différentes, qui tendent des guirlandes à des Amours adossés à de petites toiles peintes de couleurs vives sur fond doré ; on y reconnaît aisément le Printemps, l’Été et l’Automne. La signification de la dernière toile au dessin très complexe reste encore une énigme.
Dans les années 1960, cet hôtel est voué à la démolition totale. C’est alors qu’un des occupants, artisan marionnettiste et passionné des quartiers anciens, interpelle Michel Raude, président fondateur de Paris historique et du Festival du Marais. Accompagné de quelques bénévoles, ils mettent au jour des poutres peintes sous un faux plafond. À la suite de cette découverte, trois types d’action sont engagées en vue de sauvegarder le quartier du Marais :
– intervention immédiate auprès d’André Malraux, alors ministre de la Culture, pour empêcher la démolition de l’hôtel de Vigny, qui fut classé en urgence ;
– sensibilisation de l’opinion publique par la création du Festival du Marais, avec des spectacles donnés dans les lieux les plus prestigieux du Marais ;
– enfin, création de l’association pour la Sauvegarde et la Mise en valeur du Paris historique.
Le mouvement ainsi lancé incite André Malraux à faire étudier le Plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais. En 2009, cette procédure couvre une centaine de villes ou quartiers en France.
L’hôtel abrite un temps la sous-direction du Patrimoine, qui a pour fonction de répertorier les richesses historiques et artistiques de la France. En 2007, il est cédé par l’État à des intérêts privés, dont nous ne connaissons toujours pas les intentions !


Façade sur la rue du Parc Royal © Paris historique, 1970.

Cour de l'hôtel d'Hallwyll © Paris historique, 2006.

Hôtel d'Hallwyll

L’hôtel initial crée au XVIIe puis remanié par Claude-Nicolas Ledoux au XVIIIe à la demande du colonel Hallwyll dans une pure architecture Louis XVI est en proie à la destruction dans les années 1980. Un projet de restauration concernant la réfection des façades de la cour, la remise en état du porche ainsi que de la façade donnant sur rue est établi. Tout au long des travaux Paris historique s’assure que la restauration se fait dans les « règles de l’art ». Alors qu’en 1988 la restauration touche à sa fin la question de la restauration de la cour-jardin se pose. Le propriétaire de l’hôtel accepte de montrer la cour au public. 

La façade intérieure est effectivement visible grâce à une grille. Le jardin sera finalement rénové vers le milieu des années 1990.


Cour de l'hôtel d'Hallwyll © Paris historique, 1970.

Façade sur cour avant restauration © Paris historique, 1970.

Hôtel du Grand-Veneur (Ecquevilly)

Bâti en 1686, remanié en 1734 par Louis Hennequin d’Ecquevilly, saccagé au XIXe siècle par les Dames franciscaines de Sainte-Elisabeth, puis au début du XXe siècle par une firme commerciale, l’hôtel du Grand-Veneur fait l’objet d’une restauration entre 1986 et 1988. 
Paris historique s’assure du bon déroulement de la restauration et notamment de la préservation d’un magnifique escalier d’honneur doté d’une rampe en fer forgé ornée de têtes de chien, de hures de sanglier, de cors de chasse ainsi que du monogramme « H ». Même si la restauration est approuvée il reste cependant un point négatif que Paris historique condamne : la perte des quatre bas-reliefs cynégétiques qui étaient visible sur la façade sur rue. Deux ont été remontés sous le porche d’entrée mais les deux autres sont introuvables…
Cet hôtel est devenu une copropriété.


Hure de sanglier © L. Derouet, Paris historique, 2007.

Façade sur cour. Fenêtres à fronton
© Paris historique, années 60.

Hôtel Jean Bart 

Qui nous dira si Jean Bart (1650-1702), le « corsaire de la marine royale française », anobli par Louis XIV, a habité l’hôtel, construit en 1619-1620 pour le financier Claude Passart ? L’hôtel ayant été mutilé au XIXe siècle, ceux qui l’ont connu avant sa restauration de 1988-1991 peuvent témoigner qu’il s’agit bel et bien d’une résurrection. Déjà, même avant les travaux, l’immense toit en tronc de pyramide percé de grandes lucarnes signalait que l’on était en présence d’une construction s’apparentant au style Renaissance. 
L’hôtel restauré offre sur la rue, un portail cintré de grande allure : clé en bossage encadrée de pilastres jumelés, frise de triglyphes, consoles sculptées. Les sept travées irrégulières ne comportent qu’un haut étage noble sur entresol. Les lucarnes reconstituées sont semblables à celles que l’on voit dans la cour d’honneur. 
Au fond, un bâtiment entre cour et jardin (celui-ci s’étendait jusqu’à la rue du Temple) et deux ailes en retour d’équerre. Des pilastres jumelés sur de hautes baies scandent le rez-de-chaussée, baies sur lesquelles, à l’étage, des arcs de cercle surmontent des niches si peu profondes qu’elles n’ont sans doute jamais logé de statues. Au-dessus de la mezzanine s’étire une corniche sur modillons. Le toit d’ardoise « à la française » a retrouvé ses épis de faîtage. Aujourd’hui nettoyées, restaurées, les lucarnes à hautes clés en bossage atteignent le fronton courbe qui s’appuie sur des pilastres. Ces derniers, ornés d’un léger feuillage, sont accostés de puissantes consoles renversées. Ce décor s’apparente bien au style Renaissance, voire « Maniériste » selon certains spécialistes.
La restauration a restitué à l’aile droite, surélevée au XVIIIe siècle, sa hauteur d’origine. Au rez-de-chaussée, des colonnes jumelées sur de très hautes bases séparent de grandes baies cintrées. Partout, les fenêtres ont retrouvé leurs meneaux de pierre. Au revers des bâtiments sur rue, deux demi-colonnes encadrent le portail cintré à clé en bossage et entablement. Un charmant mascaron féminin, tout sourire, domine la base curviligne.
Les communs de l’hôtel, qui formaient la cour, ont fait place à une médiocre bâtisse de la fin du XIXe siècle, restaurée elle aussi. La façade sur cour a été reconstruite à l’identique et le jardin, rétréci, n’est plus qu’une étroite pelouse gazonnée. À l’intérieur, un remarquable plafond à poutres peintes du plus pur style Louis XIII a retrouvé tout son éclat...


Hôtel Jean Bart
© J.-C. Santerre, Paris historique, 2013.

Cour de l'hôtel © C. Danieli, Paris historique, 2015.

Hôtel Lenoir de Mézières ou Beaubrun

De 1600 à 1706, cet hôtel appartient aux Maisons : Jean VIII de Longueil y habite jusqu’en 1637, et son fils René de Longueil, constructeur du château de Maisons, le loue à son frère de 1675 à 1677. Vendu en 1706 à la famille Brunet, l’hôtel entre ensuite dans le patrimoine de la famille Thiroux, très implantée dans le quartier. Pierre-Marie Thiroux le vend en 1765 à Marguerite Lenoir, veuve Codorge. Celle-ci fait reconstruire la demeure peu après par le maître maçon Goupy, sous la direction de l’architecte Dorbu. Son frère Samuel Lenoir de Mézières, payeur des rentes de l’Hôtel de Ville, y a son bureau sous Louis XVI.
Dénaturée, parasitée et surélevée au siècle dernier, cette demeure à fait l’objet en 1991, d’une restauration privée médiocre. Si l’hôtel a retrouvé son jardin et un grand escalier dont la rampe d’origine avait été volée en 1944, une grotesque construction contemporaine est venue altérer les volumes de la cour, faisant regretter la petite aile Restauration qu’elle remplace. L’hôtel est fermé sur rue par un haut mur et un beau portail à refends, dont la porte a conservé une imposte ancienne (mais les vantaux sont neufs). 


Portail © C. Danieli, Paris historique, 2015.
 

Scène © C. Buret, Paris historique, 2007.

Théâtre Molière

Après sa création en 1791 et une brève mais brillante activité, le théâtre se retrouve quasiment abandonné en 1807. Il est dans un état d’ensemble déplorable et sa salle est devenue un entrepôt de papier. A la demande de Paris historique et de la Société d’histoire du théâtre, le site fut inscrit au titre des monuments historiques.
En 1989, la Mairie de Paris acquiert la salle pour un usage culturel. Et c’est en 1991 qu’au même endroit, un théâtre renait, sous le nom de théâtre Molière pour accueillir la Maison de la Poésie de la ville de Paris. Les architectes ont dû consolider l’ensemble écrasé par l’entourage en surplomb et supprimer les rajouts de diverses époques. Il reste encore quelques traces du passé de l’édifice : des caves du XVIIe siècle aux murs d’origine, quelques escaliers et des inscriptions fidèlement reproduites, qui permettent d’imaginer les règlements de l’époque et ses usages.

Intérieur du théâtre © C. Buret, Paris historique, 2007.

Cour © Paris historique, 2007.

Auberge de l'Aigle d'Or

L’amoureux des quartiers anciens qui a le goût de la flânerie découvre, avec étonnement, les bâtiments de l’auberge de l’Aigle d’Or, ainsi nommés en raison de leur fonction au XIXe siècle.

Mais ce n’est nullement révélateur de ses origines que, vraisemblablement, l’on pourrait faire remonter à la fin du XVIe siècle. L’Aigle d’Or serait ainsi l’un des plus vieux ensembles du Marais, puisque sa construction débute vers 1580. C’était alors un hôtel entre cour et jardin, qui s’ouvrait sur la rue Pierre-au-Lard.
En 1640, l’héritier de l’hôtel, Nicolas Faure, seigneur de Berlize, « introducteur des ambassadeurs près de sa Majesté », agrandit son bien par l’achat d’une propriété ouvrant sur la rue Saint-Avoye (rue du Temple actuelle). Ainsi se constitue l’hôtel du seigneur de Berlize, que celui-ci complète par deux maisons de rapport sur cette même rue Saint-Avoye.
A la fin du XIXe siècle, l’hôtel devient auberge. Il est loué à trois associés, concessionnaires en roulage, qui utilisent une partie des bâtiments comme dépôt de marchandises et parc à charrettes. De cette époque dataient le grand hangar à voitures sur la cour pavée et les charpentes en bois prenant appui sur les façades du XVIIe siècle, qui ont depuis disparu.
De cette époque date, bien sûr, l’appellation Auberge de l’Aigle d’Or, désormais attribuée à cet ensemble de l’hôtel de Berlize, s’étendant de la rue du Temple jusqu’à la petite rue Pierre-au-Lard avec une porte charretière aux bornes cerclées de fer, sortie directe de la remise (actuel Café de la Gare). Le hangar parasite sur la cour a été démonté en 1972 par des équipes bénévoles de Paris historique et la cour pavée a retrouvé son ordonnance première. Subsistant jusqu’à nos jours, sans modification importante, cet ensemble abrite le Centre de danse du Marais, le Café de la Gare et le théâtre Essaïon.
La maison située sur la droite du passage d’entrée a conservé des escaliers à balustres rampants. Après le passage, on découvre une vaste cour entourée de quatre bâtiments : celui situé sur le côté nord est récent, sans style et maladroitement ravalé. Les trois autres sont pleins de charme, notamment ceux qui donnent sur les côtés est et ouest, avec leurs grands toits « à la française », leurs lucarnes à fronton arrondi et, aux fenêtres, leurs garde-corps en fer forgé, malheureusement disparates. De chaque côté du bâtiment principal, un escalier aux belles ferronneries conduit à une vaste salle, à poutres et solives peintes, là même où ont lieu les cours de danse.
Ce lieu servit également de décor à certaines représentations du Festival du Marais.

Cour après restauration © D. Viala, Paris historique, 2009.
Façade sur Jardin
© P. Ponty, Paris historique, 2006.

L'hôtel Châlons-Luxembourg

Les travaux des historiens ont mis en évidence que c’est Guillaume Perrochel, auditeur à la Chambre des comptes et qualifié du titre honorifique de « maître d’hôtel » du roi, qui fait élever l’hôtel actuel peu après 1625, sur un terrain qu’il possède.
Le fronton des lucarnes porte la double initiale de Perrochel et du patronyme de sa femme Françoise Buisson. La famille Perrochel quitte l’hôtel en 1644 et le loue ; puis leurs héritiers le mettent en vente en 1658. La nouvelle propriétaire, madame de Béon de Luxembourg, donne son nom à l’hôtel. Dès 1659, Chalons-Luxembourg est gravé au portail, Chalons désignant peut-être une famille de locataires que, pourtant, on ne retrouve pas dans les baux. On attribue aux Béon-Luxembourg la construction du bâtiment sur rue (pour y installer les communs) et du superbe portail.
Vers 1780, l’hôtel revient à une famille qui le conservera jusqu’en 1918. De septembre 1914 jusqu’à l’entrée en guerre de l’Italie en mai 1915, l’écrivain Gabriele d’Annunzio y réside. En 1918, Jean Walter l’achète pour en faire le siège de sa société des mines de Zellidja et, ultérieurement, de la fondation des Bourses Zellidja. Par la suite, Jean Walter lèguera à la Ville de Paris cet hôtel qui abritera la 4e section de l’École pratique des hautes études avant de devenir le siège de l’Institut d’histoire parisienne rattaché à l’école précitée. Michel Fleury, historien passionné de Paris, y aura son bureau pendant de nombreuses années. Il est question que l'hôtel soit cédé par bail emphytéotique au mémorial de la Shoah tout proche.

Jardin © C. Buret, Paris historique, 2013.
Façade, côté jardin © Paris historique, 1963.

L'hôtel d'Aumont

Délimité par les rues de Jouy, des Nonnains d’Hyères, de la Mortellerie et Geoffroy l’Asnier, le quadrilatère dans lequel est édifié au XVIIe siècle l’hôtel d’Aumont appartient alors presque entièrement à la paroisse Saint-Gervais. C’est à l’époque l’un des îlots les plus anciennement peuplés de la rive droite et les maisons de la rue de Jouy, dont les noms nous sont connus depuis le temps de saint Louis, ont certainement succédé à de bien plus anciennes habitations. 
La maison du Dé, plusieurs fois citée au Moyen Age, a fait place à celle du Croissant qui, pendant la plus grande partie du XVIe siècle appartient à la famille Guyot. Famille notable dont un membre, Claude Guyot, seigneur de Charmeaux et d’Ansac, est réputé, nous dit son contemporain Corrozet, « pour sa grande providence, diligence et gouvernement de la ville ». Chose rare, il a exercé à trois reprises les fonctions de prévôt des marchands de Paris. Plus tard, les Guyot sont en relation avec la famille du Plessis de Richelieu ; de là vient qu’un auteur du XVIIe siècle ait cru pouvoir affirmer, sans preuve décisive, que Richelieu lui-même était né « dans la rue de Jouy », où se trouve à présent l’hôtel d’Aumont. Quoi qu’il en soit, la maison du Croissant est acquise en 1619 par Michel-Antoine Scarron, seigneur de Vaures et de Vaujours, important personnage pourvu de hautes charges à la cour, et parent éloigné de l’écrivain burlesque Paul Scarron. La maison du Croissant est démolie et, à sa place, s’élève en 1648 une nouvelle demeure, probablement construite d’après les plans de François Mansart et achevée vers 1650, par le maître maçon Michel Villedo. Pour la décoration intérieure, il est fait appel à l’un des meilleurs artistes du temps, Simon Vouet. 
Dès l’origine, les Scarron partagent l’hôtel avec leur fille Catherine et leur gendre Antoine d’Aumont, lieutenant général, bientôt maréchal de France, plus tard gouverneur de Paris, grand seigneur fastueux. A la mort de Michel-Antoine Scarron en 1655, le maréchal d’Aumont rachète l’hôtel et entreprend aussitôt de l’agrandir et de le transformer. À Simon Vouet succède Le Brun pour la peinture ; le sculpteur François Anguier décore le jardin agrandi qu’a peut-être dessiné Le Nôtre. L’escalier, de conception fort originale, alors édifié dans l’aile droite, ayant disparu, c’est dans l’élégante façade du corps de logis principal, au fond de la cour, que survit le meilleur de l’œuvre de Mansart. À travers cinq générations, la famille d’Aumont va maintenir ici une même tradition : vie luxueuse, goût des belles réceptions, curiosité pour les choses de l’art. Les collections ainsi rassemblées seront transférées dans le nouvel hôtel d’Aumont construit par Gabriel sur la place Louis XV. 

L’hôtel de la rue de Jouy, abandonné par le duc d’Aumont dès 1742, est voué en 1756 à la démolition. Mais finalement, le décor seul sera sacrifié. Les plafonds peints disparaissent, à l’exception des voussures de celui de Le Brun, où se voient encore de nos jours, heureusement restaurés, les épisodes de la légende de Romulus et Rémus, et du plafond à la française avec poutres et solives peintes. L’hôtel devient en 1766 la demeure de Pierre Terray, seigneur de Rosières, frère du contrôleur des finances de Louis XV. En 1771, les salons s’ouvrent pour une brillante réception : on fête l’union d’une petite-nièce du maître de maison, Marie-Anne Paulze, avec un jeune fermier général, Antoine-Laurent de Lavoisier, derniers fastes de l’hôtel avant la Révolution. Au-delà de cette date, plus rien de semblable ne sera à évoquer ici. 
Mairie du IXe arrondissement sous le Consulat, institution Petit, à l’usage des élèves du collège Charlemagne, sous la Restauration, Pharmacie centrale de France sous le Second Empire et jusqu’au début du XXe siècle, tels sont les avatars de l’hôtel qui, restauré, abrite aujourd’hui le tribunal administratif de Paris. 
C’est parmi les hôtels du Marais, un de ceux qui a connu le plus de transformations au cours des siècles. La cour d’honneur sur la rue de Jouy permet de se faire une idée de la résidence construite au milieu du XVIIe siècle : corps de logis simple en profondeur entre cour et jardin, flanqué de deux ailes en retour sur rue, le tout fermé par un bâtiment plus bas percé d’une porte cochère. 
Les transformations et agrandissements successifs se lisent mieux sur la façade arrière, visible depuis le quai de l’Hôtel de Ville. Une gravure d’Israël Sylvestre montre une façade à onze travées, présentant un avant-corps à trois fenêtres encadré de deux ailes (également de trois fenêtres) avec aux extrémités des petits pavillons en avancée qui, détruits lors de l’agrandissement de 1703 laisseront place à deux fenêtres. Cet agrandissement qui prolongeait l’hôtel de six travées vers l’est, créait, pour obéir aux lois de la symétrie, un second avant corps de même importance que le premier, prolongé d’une aile. La façade présentait la particularité d’être centrée sur un arrière- corps flanqué de deux avant-corps en léger ressaut, comme on peut encore le voir de nos jours. Mais les travaux de Paul Tournon, chargé de restaurer l’édifice et de l’adapter à sa fonction nouvelle, ont détruit cette harmonie en prolongeant encore le bâtiment à l’est, sur la rue des Nonnains-d’Hyères, et en modifiant les lucarnes. 
Ce lieu servit également de décor à certaines représentations du Festival du Marais.

Façade, côté jardin © F. Gounand, Paris historique, 2008.
Cour © Paris historique, 1970.

Hôtel de Beauvais

Au début du XIIIème siècle, fut donné à l’abbaye de Challis par Héloïse de Palaiseau une parcelle entre rue Saint Antoine et rue de Jouy. 
Ainsi fut construite au milieu de ce siècle la Maison de ville de l’abbaye. Logis du père abbé, des novices étudiant oultre petit pont à l’université, un magnifique témoignage de ce site subsiste, le cellier sauvé lors de la construction de l’hôtel de Beauvais. 
Ce cellier fut le second chantier important du Paris historique à partir de 1968, son dégagement effectué concomitamment avec celui d’Ourscamp. Le Festival du Marais l’utilisa durant de nombreuses années et les sièges des deux associations y furent installés durant les travaux de la Maison d’Ourscamp au rez de chaussée de l’hôtel de Beauvais construit sur l’ancienne maison de ville de Chaalis. Construit par l’architecte Lepautre pour les époux Beauvais entre 1655 et 1660, cet hôtel fut atypique de ceux réalisés à l’époque compte tenu de la forme du terrain empêchant la réalisation d’un hôtel entre cour et jardin. Occupé au XVIIIe par la famille Orry, puis par le comte Van Eyck ambassadeur e Bavière, il fut vandalisé en 1800 par sa transformation en plus de 40 appartements modifiant la disposition intérieure et faisant disparaître sa décoration. 
Restauré complètement sous la direction de l’architecte Fonquernie qui prit le partie de garder la façade modifiée en 1706 par Robert de Cotte, il accueille depuis 2004 la Cour administrative d’appel.

Cour © A. Bedeau, Paris historique, 2014.
Cour © Paris historique, 1965.

Hôtel de Coulanges

Construit pour Jean-Baptiste Scarron à partir de 1627, cet hôtel entre cour et jardin est loué à Philippe de Coulanges, qui l’achète en 1640 et lui laisse son nom. C’est chez cet oncle et tuteur que Marie de Rabutin-Chantal, future marquise de Sévigné, demeure jusqu’à son mariage en 1644, à l’âge de 18 ans. 
Philippe de Coulanges, refait à neuf la cour d’honneur. Ensuite, l’hôtel est racheté en 1662 par le chancelier Michel Le Tellier qui en fait son « petit hôtel », annexe du grand hôtel voisin. Le fermier général Edme Beaugier, propriétaire en 1703, remplace en 1707 le bâtiment sur rue par un mur de clôture percé d’un portail central qui a conservé son décor sculpté rocaille avec consoles et mascarons : un homme barbu sur la rue et une femme sur la cour. Sous Louis XVI, le président de Bonneuil fait construire pour sa femme un pavillon en rotonde sur jardin. On ajoute à cette date l’étage attique sur le bâtiment principal pour harmoniser l’ensemble.
Dernier propriétaire de l’Ancien régime, Durand-Pierre Puy de Vérine sera aussi l’un des derniers à être guillotiné sous la Terreur, malgré ses infirmités et son grand âge. L’hôtel, sauvé de la démolition en 1961 et restauré, abrite aujourd’hui la Maison de l’Europe. 
Il conserve un caractère remarquable : les ailes entourant la cour d’honneur de 1660, construites en pierre de taille comme le reste de la demeure, sont percées d’arcades surmontées de mascarons. À l’étage, les fenêtres sont garnies d’appuis en ferronnerie Louis XIV datant de la même campagne de travaux que la rampe du grand escalier dans l’aile droite.
Il reste à l’intérieur, côté gauche, un escalier de service du XVIIe siècle. À l’étage, certaines pièces ont conservé leur corniche XVIIIe siècle, leur porte à deux vantaux et leur parquet Versailles.

 Jardin
© J.-C. Santerre, Paris historique, 2015.
Façade © Association Paris historique, 2015.

Hôtel de Mayenne

Au XVe siècle, l’hôtel fait partie de la résidence royale, connue sous le nom d’hôtel royal du Petit-Musc. Il a ensuite de nombreux propriétaires avant qu’au début du XVIIe siècle, Charles de Lorraine, duc de Mayenne et fils cadet du duc François de Guise, s’en porte acquéreur. Entre 1606 et 1609 la propriété, merveilleusement située au sud du plus grand chantier d’urbanisme de l’époque, la place Royale, est rebâtie sous la direction du maître-maçon Christophe Deschamps. 
Henri de Mayenne, fils de Charles, homme de goût, fait appel à l’architecte Jacques II, de la brillante lignée des Androuët du Cerceau, qui transforme et embellit la demeure. 
En 1759, l’hôtel de Mayenne passe aux d’Ormesson qui vivent en ses murs la noire période de la Révolution et de la Terreur. 
En 1812, il devient pensionnat. Depuis 1843, il abrite l’école des Francs-Bourgeois qui dispense un enseignement allant de l’école primaire à la terminale. 
La façade sur rue de l’hôtel se compose de deux pavillons réunis par un mur de clôture dans lequel s’ouvre le portail. Cette disposition donne à l’édifice une forte ressemblance avec l’hôtel de Sully, à cette différence près que l’hôtel de Mayenne est construit en brique et pierre dans le goût qui prévalait à l’époque. 
Vers 1880, on construisit entre les deux pavillons un corps de bâtiment. Finalement déconstruite en 2012 cette partie centrale a fait l’objet d’une certaine polémique : devait-on la maintenir ou la détruire pour rétablir l’état d’origine ? 
La façade rétablie, l’élégance s’impose. De hautes fenêtres aux encadrements de bossages, accompagnées de pilastres ioniques et toscans allègent les façades. Les fenêtres axiales sont ouvertes sur l’extérieur par de larges balcons en saillie, ajoutés vers 1650 dans le goût de ce complément architectural qui vit le jour place Royale. Les lucarnes à fronton triangulaire s’inscrivent dans les hauts toits d’ardoise. La restauration des pavillons est et ouest a fait apparaître un décor de briques roses entre les chaînages de pierre, identique à celui de la place Royale. La cour d’honneur est agrémentée d’une tourelle en encorbellement sur trompe du XVIIe siècle dont l’homologue sur l’aile gauche a disparu. 
Sur la partie est s’allonge une galerie à quatre arcades, autrefois ouverte, et qui donne accès à l’escalier d’honneur à volées voûtées de brique. Il s’apparente aux escaliers droits de la Renaissance (Sully, le Louvre, les résidences royales du Val de Loire). Les façades de la demeure principale, entre cour et jardin, où il n’est pas fait usage de la brique, mais de pierre de taille et de crépi au sable, sont d’une plus grande sobriété. 

Façade © Paris historique, 1970.
 
Cour intérieure bâtiment nord. Photo prise depuis un échafaudage sur le corps de logis principal en cours de restauration © P. Ponty, Paris historique, 1990.

Hôtel Raoul de la Faye

Après un relevé minutieux de l’hôtel la Commission du Vieux-Paris autorise la restauration de ce dernier. 
La société Japonaise propriétaire de l’hôtel respecte pour la restauration le plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais. 
La restauration commencée vers la fin des années 1990 et terminée dans les années 2000 est une réussite. Les bénévoles du Paris historique s’occupèrent alors de redonner au jardin son aspect médiéval. 
L’hôtel ouvert quelques années au public pendant les Journées européennes du Patrimoine, est malheureusement devenu inaccessible au public.

Façade sur jardin © C. Buret, Paris historique, 2008.
Façade extérieure © Paris historique, 1970.

Hôtel Lambert

Situé à la pointe de l’île Saint-Louis, cet hôtel particulier fut édifié par Louis Le Vau et décoré par les peintres Le Sueur et Le Brun pour Jean-Baptiste Lambert. En 2007, son propriétaire décide de le revendre à l’émir qatari Al Thani qui veut le moderniser en voulant notamment créer des parkings sous la cour de l’hôtel, et installer toute une panoplie d’ascenseurs au détriment des intérieurs classés. 
Paris historique s’y oppose vivement en allant jusqu’à faire un recours contentieux contre le ministère de la culture, gagné en première instance par l’association. Pendant la période d’appel, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand propose une phase de concertation qui aboutit à un protocole d’accord signé le vendredi 22 janvier 2010 entre son propriétaire et l’association.
La restauration était presque terminée lorsque le 15 juillet 2013 un incendie parti des combles endommagea gravement la toiture mais surtout la décoration intérieure. Paris historique espère ardemment que la nouvelle restauration sera effectuée dans les meilleures conditions tout en déplorant une fois de plus la disparition de nombres de fresques inestimables. Les contacts ont été repris avec les représentants du propriétaire.

Façade extérieure © A. Bedeau, Paris historique, 2009.

Façade sur cour de l'Hôtel Raoul construit en 1810 et avant sa destruction en 1961
© Paris historique, 1960.

Hôtel Raoul

La Révolution et l’émigration font que l’hôtel est partagé avec la Nation. Même si l’Empire rend les biens confisqués à ses propriétaires, il leur fait vendre à un de ces représentants de la nouvelle société industrielle naissante. Jean Louis Raoul devient acquéreur de l’hôtel et le baptise de son nom. Par la suite, les locataires s’y côtoient. Mais la dégradation se produit inexorablement et l’hôtel vétuste est démoli au début des années 1960, juste avant la promulgation du plan Malraux. Seul le portail échappe à la destruction, dressé peu fier, au milieu d’un trottoir. Son destin n’est toujours pas assuré et a commencé à faire l’objet d’une réflexion qui a du mal à aboutir.

Portail de l'hôtel © L. Derouet, Paris historique, 1999.
Hôtel du Prévot détruit en 1908
© Paris historique.

Les îlots insalubres

Ils étaient des îlots urbains dont les conditions d’hygiène étaient jugées déplorables par l’administration, qui en a fait un recensement officiel au début du XXe siècle. Leur transformation, qui est passée souvent par la destruction et la reconstruction, a donné lieu à certaines des opérations d’urbanisme les plus importantes de Paris au XXe siècle.
Une grande enquête menée par Paul Juillerat de 1894 à 1904 a mis en évidence des problèmes d’hygiène dans certains quartiers de Paris. Les spécialistes faisaient correspondre l’apparition de cas de tuberculose à la trop forte densité et en particulier à l’étroitesse des voies de circulation par rapport à la hauteur des immeubles. Le Conseil municipal du 8 mars 1906 a ainsi créé une liste de six îlots dits « tuberculeux » ou insalubres, qui s’étendra à dix-sept îlots après la Première Guerre mondiale.
Les pouvoirs publics jugeaient indispensable la destruction ou le réaménagement de ces quartiers. Ils ne seront pourtant rénovés que très progressivement, au point que leur liste guidera les projets de transformation de Paris tout au long du siècle et en particulier après la Seconde Guerre mondiale. La notion d’îlot insalubre s’inscrit alors dans une notion plus large d’îlot « devant faire l’objet d’un plan d’aménagement particulier », d’îlot « bien » ou « mal » utilisé, qui permettra de lancer des opérations des zones beaucoup plus vastes : Front-de-Seine, Italie XIII… Liste des îlots insalubres : 
Îlot 1 : Le quartier Saint-Merri et le plateau Beaubourg (4e). Rasé en partie dès les années 1930, il est longtemps resté à l’état de parc de stationnement avant d’être remplacé dans les années 1970 par le Centre Georges-Pompidou et le quartier de l’Horloge.
Îlot 2 : Le quartier du Jardin-des-Plantes et le quartier du Val-de-Grâce, autour de la rue Mouffetard (5e).
Îlot 3 : Le quartier situé entre la rue Galande et le quai de Montebello (5e), autour de Saint-Julien-le-Pauvre, restauré dans les années 1960.
Îlot 4 : L’ancienne cité Jeanne d’Arc, entre la rue Jeanne-d’Arc et la rue Nationale (13e), reconstruite des années 1930 aux années 1950.
Îlot 5 : Le quartier des Épinettes (17e).
Îlot 6 : Situé de part et d’autre de la rue du Faubourg Saint-Antoine, cet îlot a fait l’objet d’un projet de restructuration par Le Corbusier et Pierre Jeanneret, présenté à l’Exposition universelle de 1937.
Îlot 7 : Belleville, autour de l’église Notre-Dame-de-la-Croix (20e).
Îlot 8 : Le quartier d’Amérique, au début de la rue Petit (19e).
Îlot 9 : Près de la porte de Clignancourt, entre la rue Championnet, la rue du Ruisseau, la rue Letort et la rue du Poteau. Un cas de peste ayant été rapporté en 1923, l’îlot est détruit et remplacé par un lotissement d’habitations à bon marché achevé en 1933.
Îlot 10 : Le quartier de l’hôpital-Saint-Louis (10e) et le quartier de la Folie-Méricourt (11e).
Îlot 11 : Quartier du 20e situé entre le boulevard de Ménilmontant, l’avenue Gambetta, la rue Sorbier et la rue des Panoyaux, rénové dans le cadre de la zac Amandiers elle-même dirigée par la semea 15.
Îlot 12 : Le quartier Sainte-Marguerite (11e).
Îlot 13 : Boulevard Auguste Blanqui (13e).
Îlot 14 : Quartier du 19e situé entre le boulevard de la Villette et les avenues Secrétan, Simon-Bolivar et Mathurin-Moreau.
Îlot 15 : Le quartier de Picpus (12e).
Îlot 16 : Le quartier Saint-Gervais, de l’église Saint-Gervais à l’église Saint-Paul (4e). Alors que les projets initiaux de la Ville, présentés à l’Exposition universelle de 1937, prévoyaient des destructions massives pour ne conserver que les principaux édifices historiques (église Saint-Gervais, hôtel de Sens…). La réhabilitation a finalement été faite selon le principe du curetage, sous la pression certaine de Paris historique et du Festival du Marais, qui consistait à purger l’intérieur des îlots tout en conservant le tissu urbain. Plusieurs architectes, dont Michel Roux-Spitz et Paul Tournon, ont travaillé sur l’îlot de 1948 à 1965.
Îlot 17 : Le quartier Plaisance (14e).

Hôtel de Jassau
© Paris historique, 1970.

 
Place du marché Sainte-Catherine © Paris historique, années 70.

La place du Marché Sainte-Catherine

En 1975 un projet voit le jour prévoyant la suppression de certaines voies de circulation de voitures au bénéfice des piétons.
Lors de l’annonce de ce projet, Paris historique s’assura de la mise en valeur de la place. 
Désormais les piétons peuvent flâner tranquillement sur cette place, devenu un lieu incontournable.

Place du marché Sainte-Catherine © Paris historique, années 70.

Maison de Marie Touchet © Paris historique

Maison de Marie Tuchet

Au fond d’une cour intérieure, on découvre, une très intéressante maison de la première moitié du XVIe siècle. Construction en pierre avec décoration de briques de deux couleurs, elle s’ouvrait jadis sur un jardin donnant sur la rue François Miron. Au rez-de-chaussée, une porte moulurée en retrait donne accès à la première maison. Sur la façade, des pilastres couronnés de jolis chapiteaux où figurent deux petits personnages, soulignent les fenêtres à croisillons. Les lucarnes à auvent du toit ont été ajoutées au XIXe siècle. Dans la seconde cour, rectangulaire, le côté nord est le revers de la maison précédemment décrite. Sur les côtés est et sud, on découvre les deux façades d’une autre maison à pan de bois probablement du milieu du XVIe siècle. Les deux façades à pan de bois ne présentent que de légères différences. D’étroits pilastres de bois cannelés, à petits chapiteaux corinthiens, s’élèvent sur toute la hauteur du bâtiment, encadrent les fenêtres ou décorent l’emplacement entre les deux niveaux. Les sablières qui séparent les étages sont aussi en bois et sont ornés de motifs végétaux (fleurs de lys ?). À l’intérieur de la maison, un escalier à balustres sculptés sur les quatre faces, l’un des plus beaux de Paris, mène à une salle d’apparat dont les plafonds sont à poutres apparentes. Cette maison est, si l’on en croit la légende, l’habitation parisienne de Marie Touchet. Celle-ci, originaire d’Orléans, devient à 17 ans la maîtresse de Charles IX. De leurs amours naît en 1573, Charles de Valois, futur duc d’Angoulême et héritier de l’hôtel de Lamoignon (bibliothèque historique de la Ville de Paris). Illégitime, il sera l’enfant unique du roi. Après la mort de Charles IX en 1574, Marie Touchet épouse François de Balzac d’Entragues. Leur fille, Catherine Henriette, sera la favorite d’Henri IV de 1599 à 1608. Marie Touchet meurt à Paris en 1638, âgée de 89 ans.

Maison de Marie Touchet © Paris historique, 1998.
47, rue Saint-Paul © Paris historique, 1969.

47, rue Saint-Paul

Cette maison du XVIe siècle est sujette à une restauration en 1968. La Mairie de Paris « cède » la maison pour restauration au Paris historique. L’association grâce à ses bénévoles travaille donc à la restauration du bâti. 
Les travaux sont interrompus en 1971 faute de moyens. Mais ces derniers reprendront quelques années plus tard. 
La restauration prit fin en 1976. Cette action est une belle réussite de Paris historique et de ses bénévoles ayant travaillé.

47, rue Saint-Paul
© Paris historique, 1967.

Tour Saint-Jacques © Achille Bedeau, Paris historique, 2011.

La tour Saint-Jacques

La tour Saint-Jacques,érigée au début du XVIe siècle, était le clocher de l’église paroissiale Saint-Jacques-de-la-Boucherie, détruite en 1797.
Elle fût restaurée au XIXe siècle sous l’impulsion d’Haussmann lors de ses grands travaux, c’est alors que le square entourant la tour est construit. 
En 1862, la tour Saint-Jacques est inscrite au titre des monuments historiques. Au XXe siècle, il y a beaucoup de chutes de pierres et les problèmes récurrents ne sont pas résolus par les diverses interventions qui ont eu lieu entre 1968 et 1990. En 2001, la tour est recouverte d’un échafaudage. Le chantier est partiellement ouvert au public pour sensibiliser les Parisiens.
En 2012, les travaux se terminent et la nouvelle tour est enfin visible. Elle est ouverte périodiquement au public en 2013.
Tour Saint-Jacques © Jean-Claude Santerre,Parishistorique, 2008.

Cloître des Billettes
© D. Viala,  Parishistorique, 2010

Cloître des Billettes 

L’église et le cloître des Billettes ont une bien ancienne et bien curieuse histoire. A la fin du XIIIe siècle, une pauvre femme du quartier raconte qu’ayant mis des vêtements en gage chez un prêteur juif, du nom de Jonathas, celui-ci exige pour les lui rendre, qu’elle lui remette une hostie consacrée. La femme se procure l’hostie en communiant à l’église Saint-Merri et la remet à Jonathas qui veut vérifier « que c’est le vrai corps et le vrai sang du Christ ». 
Il perce d’un couteau l’hostie, d’où le sang coule à flots, puis la jette dans une marmite d’eau bouillante. L’hostie s’en échappe, tournoie et disparaît dans le ciel où, en même temps, apparaît une croix. Cette histoire rocambolesque vaut au pauvre Jonathas d’être condamné et brûlé en place de Grève. A l’emplacement où eut lieu le « sacrilège », on construit une chapelle expiatoire, puis l’ordre des frères de la Charité-Notre-Dame, appelés « Billettes », s’y installe et bâtit un premier cloître (1350). Endommagé par des mouvements de sol dus aux crues de la Seine, celui-ci est transformé en crypte sur laquelle on construit une nouvelle église, consacrée en 1408 et un nouveau cloître, celui que nous voyons aujourd’hui. 
L’église qui tombe en ruine trois siècles plus tard, est remplacée par un nouvel édifice construit de 1755 à 1758 par le frère dominicain Claude. Pendant la Révolution, l’église devient dépôt de sel et le cloître… menuiserie. Napoléon Ier le fait attribuer en 1808 à la récente communauté luthérienne de Paris. Celle-ci fait du cloître une partie de son école, la première dans la capitale. 
La nef à quatre travées, rythmée de pilastres ioniques, est couverte d’une voûte en berceau à pénétrations. Les bas-côtés portent des tribunes. Malheureusement, on a ajouté au XIXe siècle un deuxième étage de tribunes en bois, en entaillant les piliers pour y fixer les éléments porteurs. 
Le cloître comprend six travées dans l’axe de l’église et trois en largeur, avec de grandes arcades retombant sur des piles polygonales. Le bâtiment au-dessus est ce qui reste du couvent. Sa position au-dessus du cloître explique l’épaisseur des murs de celui-ci et par conséquent, l’impression de lourdeur qui s’en dégage. C’est le dernier cloître médiéval existant à Paris.

Cloître des Billettes
© P.Ponty,  Paris historique, 1994
Hôtel de Miramion © Guy Patry,Parishistorique, 2004.


Hôtel de Miramion 

Au XVIIe siècle Christophe Martin intendant et contrôleur général des écuries du roi, se fait construire sur un terrain loué aux Bernardins un hôtel particulier. Mais c’est la seconde propriétaire qui donnera son nom à l’hôtel qui, en l’associant a l’hôtel de Selve, veut en faire un lieu de résidence pour la communauté séculière des Filles de Sainte-Geneviève, dévouées au secours des pauvres. La communauté y résidera jusqu’à un décret de 1794 proclamant sa dissolution. C’est alors que les bâtiments abriteront pendant plus de 150 ans la Pharmacie centrale des hôpitaux.
Alors que les lieux deviennent trop exigus et que l’idée germe de transférer « l’usine » et ainsi de payer les coûts du déplacement par la vente de l’hôtel, la Commission du Vieux-Paris demande son inscription au titre des monuments historique en 1926. Un musée s’était déjà installé en son sein dès 1903, qui ne cessera de grandir par la suite.
Récemment l’Assistance publique a voulu réduire l’espace du musée et créer un espace d’événementiels. Paris historique a donc lancé une campagne contre la fermeture et la mise en vente de l’hôtel, notamment en organisant un café patrimoine. L’hôtel a été malgré tout vendu, ce qui signifie la fermeture au public et la dispersion des collections du musée.

Hôtel de Miramion © Denise Viala,Parishistorique, 2010.
Vue d'ensemble de l'îlot © Paris historique, 2012.


Îlot Buffon-Poliveau

En face du Jardin des plantes, dans la rue Buffon se situe l’Îlot Buffon-Poliveau. 
Cette espace contient un patrimoine architectural notable avec des bâtiments anciens comme la graineterie, où sont conservées de précieuses collections, et l’orangerie où travaillent plus de 500 chercheurs et enseignants. 
Cet îlot présente aussi un patrimoine écologique tout aussi important puisqu’il contient une faune sauvage protégée. Le 10 février 2010 un rapport préconise la destruction de ce site pour construire des bâtiments qui accueilleront des étudiants. En réaction, l’association pour la Sauvegarde et la Mise en valeur de l’Îlot Buffon-Poliveau est créée en octobre 2011 avec le soutien de Paris historique
Elle a pour but de protéger ce site exceptionnel. Elle œuvre à ce que cet espace soit totalement préservé. Ainsi, le 24 novembre 2012, lors de la réunion de quartier du 5e arrondissement, le projet est déclaré caduc. Entretemps, Paris historique a organisé une exposition sur le projet dans son centre d’information.

Panneau de signalisation du crapaud accoucheur
© Paris historique, 2012.
Façade © Pascaud/Prokhoroff, Paris historique, 2011.

126, rue Mouffetard

Cette maison qui daterait du XVIe siècle à subit de multiples attaques dans les années 1990. Le lundi 1er octobre 1990 alors que le projet de démolition de la maison n’est pas encore validé un groupe d’ouvriers commence à défigurer la façade (il faut rappeler que les commerces sont fermés le lundi et que l’animation est alors quasi nulle dans la rue).Heureusement, deux bénévoles de Paris historique surveillent les lieux et peuvent alerter immédiatement le commissariat et les fonctionnaires de la Ville permettant ainsi l’arrêt du massacre. Le promoteur responsable de ce vandalisme est traduit en justice. Alors que Paris historique croit la partie gagnée, un nouveau projet de démolition voit le jour dans le courant de l’année 1991…

Façade © Pascaud/Prokhoroff,Parishistorique,  2011.
Façade
© G. Patry,Parishistorique,  2014.

90-94, rue Mouffetard

En 1969, un arrêté de péril entraine l’évacuation des n° 90, 92 et 94 de la rue Mouffetard suite à l’effondrement d’un mur mitoyen. En effet, le quartier subit les effets du délabrement et de la taudification depuis le XIXe siècle. 
Condamnés à la destruction, puis conservés dans le projet de rénovation de cette partie de la rue, le chantier est confié au Paris historique par le ministère des Affaires culturelles, sous la direction de M. Vassas, architecte en chef des monuments historiques. 
La rénovation se veut cohérente et complète pour rendre à la rue Mouffetard son aspect originel.

Façade
©  G. Patry, Parishistorique, 2014.

Ancien couvent des Cordeliers
© A.-M. Cordero-Tabone, Paris historique, 2012.

Couvent des Cordeliers

Sans avoir cette indépendance radicale, franche, marquée par des murailles qui l’entourent et en font une véritable ville (tel le Temple), le couvent des Cordeliers était un vaste conglomérat où les siècles avaient accumulé des bâtiments de nature et de vocation variées. C’était l’une des plus anciennes implantations monastiques dans le Paris médiéval. Occupant un espace circonscrit par la rue Antoine-Dubois, la rue Monsieur-le-Prince, jouxtant l’église Saint-Côme (angle de la rue Racine et du boulevard Saint-Michel), et bordé par la rue qui porte alors son nom, devenue rue de l’École-de-Médecine.
Avant la Révolution, les moines spacieusement logés louaient certaines de leurs salles à des artistes où à des sociétés. C’est ainsi que l’urbaniste Edme Verniquet y installa avec ses collaborateurs en 1785 un atelier où fut dessiné le fameux plan de Paris de l’époque. Le couvent connaissait alors une période de décadence due à une crise de recrutement.
Le couvent comprenait une chapelle, une des plus vastes de Paris, dite parfois église des Cordeliers de Paris. Elle était accolée à un cloître dont l’une des faces était surélevée par un bâtiment où se réunissaient les théologues de l’ordre. Elle donnait tout à la fois sur le cloître et le beau jardin qui s’étendait derrière jusqu’au collège d’Harcourt : planté d’arbres, il offrait de plaisantes allées en arceaux de verdure. C’est dans cette salle que se réunissent les membres du Musée de Paris que l’on trouve rue Dauphine ; et c’est également ici que se réuniront bientôt les membres du Club des Cordeliers. Ces réunions auront un caractère insurrectionnel d’emblée plus marqué que celles du Club des Jacobins où la progression dans la violence sera plus lente.
La chapelle du couvent fut réquisitionnée par le club que fonda Georges Jacques Danton en mai 1790. Il prit le nom de Club des Cordeliers.
Plus que tout autre intégré au tissu urbain du quartier, le couvent des Cordeliers va être le point de fixation d’une activité largement alimentée par une colère populaire prompte à naître, et radicale dans ses initiatives. Des meneurs habitent dans le voisinage immédiat, tels Pierre-Gaspard Chaumette, le couple Simon, que l’on retrouve au Temple assurant l’éducation du dauphin, Jean-Paul Marat et Danton. Enfin, Camille Desmoulins habite un peu plus haut dans les maisons que l’on vient de construire sur la place du Théâtre-Français (l’ancien Odéon). La présence du boucher Louis Legendre, qui a son étal dans une rue voisine, sera pour quelque chose dans la violence verbale du Club des Cordeliers. Son verbe haut et ordurier, incantatoire dans l’horreur, ses références, hardies et sanguinaires, à l’exercice de son métier, qu’il transportait sans nuance dans la campagne des châtiments dont il entendait diriger la mise en pratique, vont électriser une foule qui va se porter sur le terrain d’extériorisation de la Révolution.
On peut se référer à une description que donna Roussel d’Épinal : « Une chapelle assez vaste, servait de local au club des Cordeliers : malgré les mutilations qu’on y avait faites, on trouvait encore à la voûte des traces de dévotion. Cette enceinte présentait un ovale tronqué à ses extrémités, garni de bancs de bois en amphithéâtre, surmonté d’espèces de tribunes : l’ovale était coupé dans sa longueur d’un côté par le bureau du président et par la tribune des orateurs de l’autre. Environ trois cents personnes de tout âge et de tout sexe garnissaient ce local ; leur costume était si négligé et si crasseux qu’on les aurait pris pour une réunion de mendiants. Derrière le président était collé sur le mur le tableau de la Déclaration des droits de l’Homme, couronné de deux poignards en sautoir. Les bustes en plâtre de Brutus et de Guillaume Tell, placés de chaque côté, semblaient mis là exprès pour servir de gardiens au tableau. En face, derrière la tribune, figuraient pour pendants les bustes de Mirabeau et d’Helvétius, avec celui de Jean-Jacques Rousseau au milieu. De grosses chaînes rouillées, rangées en feston au-dessus de leurs têtes, servaient de couronnement. On me dit qu’on avait tiré ces chaînes de la Bastille ; mais j’ai appris depuis qu’elles avaient été achetées sur le quai de la Ferraille. »
Après le 10 août 1792, une partie du couvent fut transformée en hôpital pour les Marseillais révolutionnaires blessés au cours de l’assaut des Tuileries. Jean-Paul Marat fut enterré dans le jardin des Cordeliers sous un saule pleureur, jusqu’à son transfert au Panthéon français. Le club fut fermé en 1795.
Le bâtiment du réfectoire, seul subsistant de l’édifice d’origine, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 12 juin 1975.
Le développement de l’école de médecine a enseveli une partie du couvent dont il ne subsiste que le réfectoire récemment restauré. Le musée Dupuytren y fut installé pendant un siècle, de 1835 à 1937. Depuis une quinzaine d’années, cet ancien réfectoire est un lieu d’expositions temporaires artistiques. A cette époque, Paris historique avait proposé en vain d’intervenir pour assurer la clôture des locaux, le lieu étant devenu un refuge pour les pigeons.
La partie orientale du cloître est affectée à la faculté de médecine sous l’Empire, qui en conserve le tracé et utilise même les pierres pour sa reconstruction. Dans sa disposition actuelle, il rappelle le troisième cloître du couvent, construit en 1673. De part et d’autre du bâtiment qui lui fait face, on abat les groupes de maisons qui l’entourent, dont celles où vivait le couple Simon, et la maison de Jean-Paul Marat. Cette maison se trouvait à l’extrémité des bâtiments qui font l’angle de la rue de l’École-de-Médecine et du boulevard Saint-Germain.
Le cloître appartient à l’université Pierre-et-Marie-Curie et abrite des laboratoires de recherche ainsi que certains des services administratifs des études doctorales et des services de médecine préventive.

Couvent des Cordeliers ©  J. C. Larger,Parishistorique

Eglise Saint-Germain-des-Prés
© A.-M.-A. Cordero-Tabone,Parishistorique,  2011.

L'église Saint-Germain-des-Prés

En 1971 des fouilles sont entreprises dans la chapelle Saint-Symphorien dans le but de vérifier l’antiquité de cet édifice préalablement à d’importants travaux qui doivent être entrepris pour restaurer cette chapelle adjacente à la tour-clocher. Une équipe de bénévoles de Paris historique participe aux fouilles.
Des sarcophages mérovingiens et de nombreux objets sont découverts dont certains sont visibles au musée Carnavalet.

Eglise Saint-Germain-des-Prés
© G. Patry,Paris historique,  2015.
Hôtel Choiseul-Praslin
©  L. Derouet, Parishistorique, 2001.

Hôtel Choiseul-Praslin

Construit au XVIIIe siècle sur les fondations d’un simple corps de logis dont le terrain appartenait à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, l’hôtel est de style Louis XV. Jusqu’en 1887, date de son acquisition pour le compte de la caisse d’épargne, l’hôtel a connu divers propriétaires particuliers. En 1939, il est affecté au Musée postal, situation qui perdurera jusqu’en 1996.
C’est alors que l’idée de mettre le Musée du pain à l’intérieur voit le jour. Le projet initial devant conserver et rénover l’ensemble des éléments intérieurs est bousculé par une pétition visant à démolir l’intérieur. Mais cette pétition n’aura pas de suite. Malheureusement, entre 1997 et 2007, l’hôtel est délaissé, squatté et détérioré. La Poste rachète alors le terrain et s’engage à restaurer l’hôtel. 
Paris historique aide à sa sauvegarde et reste pendant toute la durée des travaux vigilant au bon déroulement de ces derniers. Le nouveau bâtiment construit à proximité, est tout simplement une horreur, et perturbe incontestablement ce remarquable voisin du XVIIIe.

Hôtel Choiseul-Praslin
©  L. Derouet, Parishistorique, 2001.

La comédie © M.-C. Magonthier,Parishistorique,  2014.

Le théâtre des Champs-Elysées

L’œuvre d’Auguste Perret a fait l’objet, vers la fin des années 80, d’une restauration par la Caisse des dépôts et consignations. Or la construction d’un restaurant sur le toit du théâtre, qui n’est pas prévu dans le devis, se traduit par la surélévation de ce dernier. Paris historique proteste violemment contre cette atteinte inacceptable à l’architecture de Perret.

 Façade
 © Marie-Claude Magonthier, Paris historique,  2014.


Maison d'Ourscamp © Paris historique, 2015.

La maison d'Ourscamp

La maison d’Ourscamp (dite aussi maison de l’Ours) est reconstruite à la fin du XVIe siècle, sans doute vers 1585, sur un terrain reçu en donation, en 1248, par les moines cisterciens de l’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp. La maison primitive des cisterciens est leur « maison de ville » toute en pierre, avec un cellier d’environ 200 m2, une salle à piliers en rez-de-chaussée et plusieurs étages. Elle était occupée par les moines qui y stockaient la marchandise produite dans leur abbaye et la revendaient aux Parisiens.585 se compose, quant à elle, d’un corps principal avec façade marquée de chaînages de pierre, percée de grandes fenêtres à meneaux et d’ouvertures plus petites. À l’arrière, deux petites ailes en retour abritent les escaliers à balustres rampants, encadrant une petite cour à pans de bois agrémentée de deux privés en encorbellement. Elle compte deux étages et un comble à deux niveaux sous une toiture à la française, très lourde. Les deux lucarnes qui ouvrent le premier niveau de comble portent des frontons sculptés dans le style du XVIe siècle.
À la Révolution, l’abbaye est expropriée, la maison est vendue et des petits commerçants vont se succéder dans les lieux. La maison connait de nombreuses transformations et ajouts au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.
Durant la première moitié du XXe siècle la dégradation du bâtiment se poursuit et la maison se retrouve classer dans l’îlot insalubre 16, recensé au début du XXe siècle, que la ville de Paris se hâte de vouer à la démolition. En octobre 1961, la menace se précise… Paris historique, récemment créée, prend position contre cette mesure qu’elle juge aberrante et propose d’installer ses bureaux à la maison d’Ourscamp. Quelques mois plus tard la bataille est gagnée, la ville revient sur sa décision de détruire l’îlot 16 et accepte la restauration des maisons anciennes. La maison d’Ourscamp, jugée en trop mauvais état, est laissée à l’association qui prend à sa charge financière sa restauration.
Paris historique se met au travail et, grâce à la mobilisation des bénévoles, restaure la maison. Elle est ouverte au public en 1989.
La façade, la toiture, l’escalier et le cellier sont classés monuments historiques depuis 1966.

Cellier © Laurent Kruszyk
Le Lavoir moderne © A. Bedeau,Parishistorique, 2015.

Le Lavoir moderne parisien

Le Lavoir moderne parisien, symbole de la culture populaire et seul théâtre du quartier de la Goutte d’Or est menacé d’expulsion. La Ville de Paris refusant de préempter le lieu, il doit être racheté par une société civile immobilière pour un nouveau projet immobilier. Le théâtre s’appuie sur l’ordonnance de 1945, selon laquelle un lieu à vocation culturelle ne peut changer de destination qu’avec l’accord du ministère de la Culture.
Le Lavoir moderne parisien est construit en 1850 actif jusqu’en 1953. En 1986 il est devenu une salle de théâtre.
Dépeint par Zola dans ses Carnets d’enquêtes, « La Goutte d’Or 1875 » :
« C’était un immense hangar, à plafond plat, à poutres apparentes, monté sur des piliers de fonte, fermés par de larges fenêtres claires. Un plein jour blafard passait librement dans la buée chaude suspendue comme un brouillard laiteux. Des fumées montaient de certains coins, s’étalant, noyant les fonds d’un voile bleuâtre. Il pleuvait une humidité lourde, chargée d’une odeur savonneuse, une odeur fade, moite, continue ; et, par moments, des souffles plus forts d’eau de javel dominaient. Le long des batteries, aux deux côtés de l’allée centrale, il y avait des files de femmes, les bras nus jusqu’aux épaules, le cou nu, les jupes raccourcis montrant des bas de couleurs et de gros souliers lacés. Elles tapaient furieusement, riaient, se renversaient pour crier un mot dans le vacarme, se penchaient au fond de leurs baquets, ordurières, brutales, dégingandées, trempées comme par une averse, les chairs rougies et fumantes. 
Autour d’elles, sous elles, coulait un grand ruissellement, les seaux d’eau chaude promenés et vidés d’un trait, les robinets d’eau froide, les mares où elles pataugeaient, s’en allant par petits ruisseaux sur les dalles en pentes. »

Le Lavoir moderne © A. Bedeau, Paris historique, 2015.

83bis rue Philippe de Girard © Paris historique, 2012.

83 bis, rue Philippe de Girard

Ce petit immeuble d’origine rural du début du 19e siècle, très représentatif du bâti des anciens faubourgs au nord de Paris, présente une volumétrie harmonieuse et manifeste une intéressante recherche de monumentalité.
Dans le projet de rénovation du quartier mené par la siemp, il est prévu la destruction totale de l’édifice. À la place, un nouvel immeuble, comptant sept étages, est envisagé. Or, depuis 2010, de nombreux acteurs du patrimoine ont souligné la valeur du 83bis et souhaité sa conservation parmi lesquels : la Commission du Vieux-Paris, l’architecte des bâtiments de France, La DRAC. Les riverains et des associations comme Cavé Goutte d’Or et Paris historique ont également entrepris de souligner le caractère « dommageable » de cette destruction.
Depuis un an, les riverains du 83bis, notamment les habitants du 54 avenue Max-Dormoy partageant la même cour, ont engagé une procédure en référé civil afin de souligner le caractère « dommageable » qu’entraînerait la destruction du bâtiment.
Malgré l’action en justice entreprise récemment par l’association Cavé Goutte d’Or pour la sauvegarde de l’édifice, la « démolition dommageable » de l’immeuble par la siemp est exécutée en juin 2013…

Parcelle après destruction © J.-C. Santerre, Paris historique, 2012, 

Façade de l'Imprimerie ©  M.-C. Lhommet,Parishistorique, 2011

L'Imprimerie

A l’emplacement d’un vaste terrain connu avant la Révolution sous le nom de ferme de la Villette, la parcelle est constituée en 1830 par la construction d’un corps de bâtiment sur la rue de Crimée et d’ailes disposées autour d’une cour pavée en longueur. L’aile droite est reconstruite en 1848 et les hangars en fond de parcelle sont remplacés par un important atelier en bois destiné à une imprimerie réalisé par l’architecte Henri Ragache, parvenu dans un très bon état de conservation.
Propriété de la ville de Paris depuis les années 80. L’imprimerie abandonnée a abrité pendant 10 ans un lieu de création artistique et d’expositions, seul lieu culturel de proximité du 19e arrondissement (avant le 104 rue d’Aubervilliers), animé par l’association des Artistes « Kiowatts » expulsés en 2011.
La réhabilitation de la parcelle projetée prévoit la reconstruction de logements le long des deux mitoyens, la démolition des bâtiments en fond de cour afin de dégagé la façade de l’imprimerie de Ragache qui sera transformée « façon pastiche » en ateliers et logements d’artistes !

Intérieur de l'Imprimerie
© Marie-Claude Lhommet,Paris historique, 2011.

Cour artisanale, rue de Bagnolet
© Marie-Claude Lhommet, Parishistorique, 2011

La cour artisanale

Cette propriété du comédien Jean Topart (aujourd’hui décédé), qui en a lui-même hérité de son père médecin, constitue un passage pittoresque du 20e, à la porte de Bagnolet. Les héritiers envisageraient malheureusement de vendre cette parcelle d’environ 1000 m2.
Ce lieu réunit depuis le 19e siècle, et il y a encore peu, des artisans serruriers et ferronniers. Actuellement se sont installés différents artistes peintres, plasticiens et sculpteurs, qui viennent de nous informer de cette situation.
C’est encore une fois un des rares témoignages du Paris industrieux des faubourgs, regroupant quelques artisans du fer, aujourd’hui particulièrement attachant. Les conférenciers de Paris ne s’y trompent pas et le programment dans leur circuit. Actuellement aucune protection patrimoniale n’est actée.
Les locataires de la cour et les amis du Paris des faubourgs souhaitent se constituer en association de défense. Elle se donnerait la mission de monter, entre autres, de constituer un dossier historique, afin de faire valoir la valeur à la fois historique, sociale et sociologique de ce lieu de mémoire incontestable.

Cour artisanale, rue de Bagnolet
© M.-C. Lhommet, Parishistorique, 2011.


36, rue de Belleville © M.-C. Lhommet,Parishistorique, 2012.

36, rue de Belleville

Paris historique a appuyé, en septembre 2011, l’association des Amis de l’îlot Belleville-Tourtille pour dénoncer la démolition et la construction en place d’un immeuble incongru de 6 étages, à l’architecture contestable, rompant l’harmonie de la ligne d’immeubles de la rue Belleville datant de la Monarchie de Juillet et de son angle avec la rue de Tourtille, typique de l’habitat faubourien.
La Commission du Vieux-Paris a également protesté à l’unanimité contre le processus de ce projet et a souligné l’importance et la fragilité du paysage urbain de ces quartiers et fait valoir la nécessité d’en conserver les fragments encore intacts. A ce titre, la rue de Belleville apparaît, dans le paysage de l’Est parisien, comme l’une des plus cohérentes et des mieux conservées. Presque deux ans après, la SIEMP persiste et présente le même projet quelque peu allégé et végétalisé dans sa partie supérieure !
L’association des Amis de l’ilot Belleville-Tourtille nous a fait part du refus de ce permis de construire par la Mairie de Paris, mais pas du permis de démolir ! Par contre la mairie du 20e soutient l’association sur la nécessaire révision du programme et la contre-proposition de l’association de réhabilitation du 36 pour préserver l’équilibre de la rue. Pendant ce temps, l’immeuble se dégrade de plus en plus…

36, rue de Belleville © M.-C. Lhommet,Parishistorique,  2012.

 


Bassin des Carènes © CVP

Les bassins des carènes

L’ensemble de ces bassins sont l’œuvre des frères Auguste et Gustave Perret et furent démolis les uns après les autres entre février et décembre 2010.
Bassin n° 1, mis en service en 1906 est situé le long du boulevard Victor, bassin de traction long de 160 mètres.
Cuve à houle de Paris, mise en service en 1936.
Bassin de giration, mis en service en 1942, de forme circulaire d’un diamètre de 60 m et d’une profondeur de 5,5 m. Ce bassin permettait l’étude de la manœuvrabilité des bâtiments de surface et des sous-marins. Son bras de traction pouvait atteindre la vitesse de 17°/s. Il fut l’un des rares moyens de ce type dans le monde et resta en activité jusqu’en 2009. Le bâtiment fut démoli en juin 2010.
Bassin n° 2, mis en service en 1950, de près de 145 m de long.
Bassin n° 3, mis en service en 1970, mesure 220 m de long, 13 m de large et 4,5 m de profondeur. Sa plateforme était capable d’atteindre la vitesse de 8,5 m/s. Ce moyen était équipé d’un générateur de houle.
Les bâtiments ont été démolis sans aucune concertation par le ministère de la Défense et contre l’avis des associations dont Paris historique et la Commission du Vieux-Paris. Comment admettre que Le Havre, ville reconstruite par Auguste Perret après la guerre, ait été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et accepter que les autres constructions de cet architecte incomparable soient par ailleurs détruites, comme c’est le cas ici ?

Nouveau bâtiment à Balard © Paris historique.

50, rue de l'Hôtel de Ville
©  Paris historique

50, rue de l'Hôtel de Ville

Cette maison situé à l’angle des rues de l’Hôtel de Ville et Geoffroy l’Asnier a été restaurée par l’architecte Claude Charpentier qui fit appel au Paris historique et à ses bénévoles pour la « désosser » avant réhabilitation.